g discours sur l’étude
des opinions, souvent même pour des mots qu’au-cun des partis ne pouvaient entendre.
La raison humaine n’a donc été si long-tempségarée que faute de connaître la cause des grandsphénomènes de la nature. Cet aspect imposant etterrible sous lequel ils s’offrent à l’imagination;cette propension de l’esprit humain pour le mer-veilleux; cette disposition à la frayeur, qu’il est sifacile d’augmenter, rendait l’homme susceptiblede recevoir toutes les impressions que des fourbesadroits voulaient lui donner.
Enfin parurent, pour le bonheur de la société,des esprits mieux intentionnés. Dédaignant touteconsidération fondée sur l’erreur, consacrant leurstravaux à la recherche de la vérité, ils arrachè-rent son masque à l’hypocrisie, éteignirent avecle souffle sacré de la raison le flambeau du fana-tisme, et présentant à l’intelligence de l’hommeles lois de la nature, ils fixèrent son attentionsur les bienfaits qu’il en reçoit tous les jours. Soncœur, pour la première fois peut-être, s’ouvrit àla reconnaissance : la foudre, mieux connue, de-vint un bienfait (4); elle cessa d’être lancée parun Dieu vengeur (5), et l’on rougit d’avoir attri-bué les passions humaines à l’essence divine : maisla troupe des sycophantes, effrayée de ces lu-mières qui allaient détruire leur empire, osèrentcalomnier ces hommes de bien, et leur faire uncrime d’éclairer les nations, et de les arracher aujoug des préjugés.