ET LA CONTEMPLATION DE LA NÂTU1UÎ. J
bée sous le couteau sacré pour le salut commun.Plus la victime était innocence et pure , plus onla croyait agréable à ce Dieu farouche. Ces sièclesde superstition et de barbarie sont-ils donc si loinde nous, quand les bûchers de 1 inquisition sontà peine éteints! quand la torche du fanatisme s’a-gite encore pour les rallumer !
Dans cette enfance de la société, un rayon pluspur de la raison a pénétré dans quelques espritsmoins grossiers : ils ont vu l’absurdité d’un pareilculte; ils ont reconnu dans ces grands phénomè-nes la suite des lois immuables de la nature;mais, au lieu d’employer ces connaissances pourdissiper l’erreur , ils les ont tournées à leur pro-fit. A l’aide de quelques prestiges , ils ont persuadéaux nations qu’ils avaient des rapports avec leurDieu ; qu’ils connaissaient les moyens de l’appai-ser. Aux sacrifices humains , ils substituèrent desprières, des offrandes, des cérémonies particu-lières , et se chargèrent du soin d’apaiser le cour-roux céleste. Ainsi, en se rendant maîtres des es-prits , dirigeant l’opinion selon leurs intérêts, ilss attirèrent de la considération , des richesses , ungrand pouvoir. Leur autorité, n’étant appuyée quesur l’ignorance du peuple , il leur importait, pourla conserver, de le retenir dans les ténèbres dela superstition, et dès que la vérité voulut se mon-trer, ils lui opposèrent le fanatisme; le sang hu-main coula de nouveau, et bien plus abondam-ment, non pour apaiser un Dieu irrité, mais pour