g 2 DISCOURS SUR l’étude
étaient résultés. Si ces principes ne sont pas dansla nature, ils sont du moins dictés par elle ; ilssont le fruit de nos observations sur ses oeuvres.A la vérité, nous ne trouvons nulle part, à la sur-face du globe, les plantes rangées méthodique-ment comme dans un jardin de botanique : cetordre, disposé pour la facilité de l’étude, serait,s’il existait, d’une insupportable monotonie ; ildétruirait l’harmonie des plantes avec les locali-tés (i), leurs riches oppositions, et tout le charmequi en résulte. Cependant, l’observation nousayant fait connaître qu’il se trouvait entre les vé-gétaux des rapports plus Ou moins prochains ouéloignés, on s’est efforcé de les disposer d’aprèsces mêmes rapports; mais on a long-temps mé-connu ceux qui méritaient le plus de considéra-tion. Trompés par les apparences, les anciensles faisaient consister dans les caractères les plussaillants à leurs yeux, dans le port des plantes,dans la forme de leurs feuilles, etc. Par exemple,le stachys sylvatica , sous le nom d’ortie morte,Lin., 1 elamiurn album , sous celui d’ortie blanche,Lin., étaient rapprochés de 1 ortie piquante, urticaurens ; Lin. ; le laurier rose, nerium oleander, Lin.,du laurier commun, laurus nobilis , Lin. On s’ap-perçut enfin que ces rapports extérieurs se per-daient dans le vague, qu’on ne pouvait, d’aprèseux, établir aucune règle générale, que l’ob-
(i) Voyez les Leçons de Flore, vol. i , chap. i.