/jl8 HISTOIRE DES PLANTES.
rustiques, au caractère particulier de ces lieuxagrestes ; elle masque, avec les lichens et lesmousses, la nudité du sol pierreux qu’elle choisitde préférence. Ses feuilles, plus petites , se mon-trent avec moins d’éclat ;'mais leurs découpuresprofondes, linéaires et régulières, leur donnentplus de finesse et de légèreté. Ces feuilles sont dedeux sortes : les unes stériles, à peine pétiolées,s’élèvent d’une souche noirâtre en une touffe éta-lée ; d’autres , entremêlées avec elles, une foisplus longues, se divisent en folioles plus écartées,très-étroites, couvertes à leur face inférieure parles capsules disposées en deux lignes parallèlesà la nervure médiane.
Linnée , considérant ces folioles comme autantde petits épis formant un épi droit, commun ,à longs pédoncules, l’a fait sortir des pteris , parmilesquels il l’avait d’abord placée pour la rangeravec les osmondes ; mais ses capsules , pourvuesd’un anneau élastique , recouvertes par un tégu-ment qui s’ouvre de dedans en dehors , ont faitrapporter cette espèce, par Smith et autres, aublechnum , genre établi par Linnée pour quelquesplantes d’Amérique , et dont le nom avait étéemployé par les Grecs pour des fougères qu’ilnous est aujourd’hui impossible de pouvoir re-connaître. Hoffmann en a fait un onoclea , d’aprèsla disposition de ses épis partiels sur deux rangs:Allioni adopte pour cette plante le genre stru-thiopteris de Haller, autre expression des auteurs