37'i HISTOIRE DES PLANTES.
de ses descriptions : alors disparaissent ces fraisbocages, ces rives solitaires et riantes qu’ils em-bellissent. Ces objets de nos jouissances font placeà des dissertations pénibles, rebutantes, qu’il fautcependant aborder, pour ne pas confondre ce quidoit être séparé, ou séparer ce qui doit être réuni :c’est une route difficile et ténébreuse, qui 11e peutêtre tracée que d’après de très-longues obser-vations.
J’ai déjà dit que les principales difficultés ve-naient de la facilité avec laquelle les saules semultipliaient clans toutes sortes de terrains, etdes altérations qu’ils éprouvaient dans leurs for-mes, selon les climats et les localités. Ces consi-dérations me portent à croire que ces nombreusesespèces de saules qui existent aujourd’hui, sontdues à quelques espèces primitives qui aurontvarié leurs formes, à mesure quelles se serontélevées sur les montagnes ou seront descenduesdans les plaines. Qui oserait affirmer que nossaules des Hautes-Alpes ne proviennent pas dequelques unes de nos vallées, dont les semences,si facilement transportées par les vents, gagnantinsensiblement les hauteurs, s’acclimatant à unetempérature plus froide, sont enfin parvenues àcette dégradation telle que nous l’observons surles Alpes ? et ne pourrions-nous pas soupçonneravec quelque fondement que le salix reticulatan’est qu’une dégénérescence du salix caprœct ,ainsi que beaucoup d’autres? On pourrait éga-