4M histoire des plantes.
premières jouissances ; c’est notre ancien ami.Ces fruits savoureux ont été offerts par latendre amitié à un sexe que déjà notre cœurcommençait à distinguer. Ces premières émo-tions seront toujours chères à l’homme sensible,et les objets qui les lui rappellent ne peuvent luiêtre indifférents. Telle est la cause de ce charmesecret attaché aux plantes que d’anciens plaisirsont mises en rapport avec nous.
De là vient que la poésie pastorale est pleinede ces images charmantes, prises dans la nature,et qui nous retracent nos premières sensations. Ilen est peu où n’entre le coudrier, comme une desplus belles décorations de la scène champêtre :c’est sous son ombrage que, dans Virgile , lesbergers Ménalque et Mopsus s’invitent récipro-quement à chanter les vertus de Daphnis :
Hic corjlis mixtas inter considimus ulmos?
Ëgl. V, y. 3.
Ailleurs le coudrier est l’arbre que chérit depréférence la bergère Phyllis; et le coudrier, tantqu’elle continuera à l’aimer, l’emportera toujours,aux yeux de Coridon, sur le myrte et le laurier :
Phyllis amat corylos ; illas dum Phyllis amahit,
Nec myrtus vincet, corylos, nec laurea Phœbi.
Egl. VII, v- 63.
Si l’homme s’en était tenu à ces peinturesriantes, à ces tableaux animés de la simple na-ture , on n’aurait point à lui reprocher d’avoir