d’Architecture. 259. Elle déplaît à coup sûr aux yeux des connoií-seurs, loríqu’ils la trouvent trop camuse ou tropsaillante , trop élevée 011 trop écrasée ; elle plaîtau contraire à tous les spectateurs, lorsqu’ils re-marquent dans la proportion de ses membres& dans la similitude de ses parties , une justessequi offre à leurs yeux quelque choie d’intéressant ;& ils font contents , quoiqu’ils ne puissent pastoujours démêler la vraie source de leur satisfac-tion : de même le spectateur se porte à Tadmira-tion lorsqu’il examine une belle tête dans laquelleil remarque des parties heureusement combinées ;mais il n’auroit que du dégoût , s'il en voyoitune autre qui auroit le front trop bas, le nez debeaucoup trop saillant, & la bouche extravagam-ment renfoncée.
II est vrai qu’il ne faut pousser cette applicationtrop loin, & qu'une tête peut n’être point absolu-ment difforme , quoiqu’elle ne présente pas toutela régularité qu exige la sévérité des rapports ; quede même ausii il se peut rencontrer des occasionsoù , fans nuire essenciellement au caractère del’ordre, on peut modifier, soustraire ou augmenterquelques membres dans une corniche, rendre fasaillie plus ou moins considérable, selon l’espece,le genre ou l’importance du bâtiment. II y a plus^cette liberté permise en certaines occasions, peurservir à exprimer les divers caractères des diffé-rentes productions de TArchitecture , en rerraçantaux yeux du spectateur , quoique dans les pluspetits détails , le motif qui a donné lieu à l’ére-ction de Tédifice ; de même que dans un tableaud’histoire ou dans un bas-relief, le Peintre & laSculpteur, dans les airs de tête de leurs figures ,