Cours
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CHAPITRE V.
DU GOUT DE V A R T ,
Ou maniéré d’éviter tout ce qui peut y êtrecontraire.
Chacun lait que le goût est quelque chosede réel : la difficulté est de le définir. Quel est-il en effet? En quoi consiste-t-il ? De quoi dépend-il ? Est-il susceptible, ou non, de principes ? Enfin ,est-ce une qualité de sefprit, ou une affection del’ame ? Quoi qu il en soit, disons qu’on se sert duterme de goût , pour exprimer en général , ledernier degré de perfection ; que le goût, commenous l’entendons, est le Juge-né des beaux Arts,qui n’ont été réduits à des principes constants &positifs, que pour lui plaire ;'qu’en un mot, legoût de ces mêmes Arts n’est point factice , maisnaturel ; qu’il est en nous , mais qu’il se peut per-fectionner, & qu’alors il devient le flambeau quisert de guide aux Artistes dans toutes leurs pro-ductions.
On peut diviser le goût en goût naturel & engoût acquis. Le premier n’est point une connoií-lance théorique, mais un sentiment des réglésmêmes que l’on ne connoît pas ; c’est lui quinous cause le plaisir que nous éprouvons à sus-pect d’nn bon ouvrage de sart, fans autre secoursque le sentiment : le second est celui qui procureà famé des sensations dont l’esprit peut se rendrecompte. Cette derniere espece de goût peut