d’Architecture. 331
remarque dans la plupart de nos bâtiments, où très-souvent, sans avoir égard au style qu’exige cha-que édifice considéré séparément, on remarquedans ces diverses productions, la même empreinte;d’ou est née vraisemblablement cette monotonie,cette affectation insuportable , au lieu de cettediversité louable, de ce caractère distinctif& de cetteconvenance si nécessaire , pour rendre notre Ar-chitecture françoise véritablement recommandable.
Nous avons déja vu , en parlant des portes &des croisées , que Vignole asiignoit la même pro-portion à toutes les ouvertures Toscane , Dori-que , Ionique , Corinthienne & Composite , sansavoir égard aux différentes expressions des ordres.Nous avons combattu cette opinion d’après l’auto-rité des plus habiles Architectes de nos jours.Nous ajouterons ici, comme une fuite du mêmeprincipe , que les trumeaux doivent égalementavoir plus ou moins de largeur selon le caractèresolide , moyen ou délicat qui préside dans l’or-donnance de la décoration des bâtiments : pourcet effet nous croyons qu’il seroit bon de donneraux trumeaux Toscans , une largeur égale à celledu vide des ouvertures ; & aux trumeaux Co-rinthiens , seulement les deux tiers de cette mêmelargeur : qu’à l’égard des trumeaux des autresordonnances Dorique & Ionique, la largeur enpourroit être fixée par une moyenne arithméti-que. Au reste , nous ne prétendons pas que cesrapports ne puissent recevoir quelques change-ments ; mais du moins ils pourroient produire ceteffet, qu’ils obligeroient le jeune Artiste à serendre raison du motif qui l’auroit déterminé às’écarter de la réglé générale, & lui imposeroientla nécessité de ne perdre jamais de vue les Lois