3fo Cours
nement à nos compositions ; nous oublions quetout ce qui a droit à la magnificence de la de-meure des grands doit être réfléchi & dirigé parle goût de Fart. Poussons cette réflexion plus loin,& diions que dL cette imitation on est parvenu àfaire des pilastres attiques en gaine ( a ), & qu’ona imaginé d’appliquer ces elpeces de pyramidesrenversées fur le fût des pilastres ou des colonnesde quelques-uns de nos édifices : mélange indis-cret , imitation dangereuse, qui rendent nos com-positions barbares , ou au moins qui montrentplutôt la biíarrerie du génie des Artistes, que lechoix judicieux des réglés de l’Art ; que cette unitéde style, cette simplicité louable , ce vrai qui cara-ctérisent les productions des véritables Architectes.Evitons donc toutes ces especes de licences , &n’employons même les gaines dont nous parlons ,que comme des meubles proprement dits, quecomme des parties accessoires dans nos apparte-ments , ou dans nos Jardins de propreté , telqu'il s’en remarque dans le talion des Maures àMeudon & dans le bosquet de Tare de triompheà Versailles : taisons - les de matière précieuse ;ajoutons-y des ornements assortis aux objets quiles doivent couronner ; autorisons - les encore en
( a ) On cn voit dc cette espece dans la nouvelle Chapellede Saint Jean-en-Grève , fur les fûts des pilastres Toscansde la terrai! e de l'avant-cour dc Meudon , où l'on a affecté u.icgaine verticale cn forme de boilage continu , qui préíentcdans la décoration de cette ordonnance rustique , une iJceopposée a la solidité réelle que doit avoir un contre- fort ,sans parler d’une infinité d’autres exemples licencieux quenous condamnons nous-mêmes dans les ouvrages Gothiques ,& que nous appliquons souvent, lans y penser , à nos produ-ctions.