d'Architecturí, 38.j
les pus approuvées, mais qui souvent distribuéesfans choix, fans goût, en un mot, dune maniéréopposée à l’objet qu’on se propose, ne présententqu’une ordonnance très-impartaite ; tels ont étéà-peu-près les ouvrages des Messonnier, des Op-penor , des Cuvillier , &c. dont les exemples fontplus capables de faire naître le dérèglement del’imagination , que d’éclaìrer nos jeunes Artistesfur la maniéré de se conduire dans les différen-tes productions de l’Art. Au-lie.u de suivre cetteroute incertaine, & remplie d’écœuils, nous leurconseillons de former le plan de leurs études d’aprèsles chefs-d’œuvre fans nombre que nous a laissésen ce genre, Hardouin Mansard , un de nos Archi-tectes François, qui a poussé peut-être le plus loin,ce caractère d’originalité dont nous parlons ici. Onl’admire dans le Château de Clagny, à Trianon,dans le Château & les Jardins de Marly, dans lesdehors de Versailles du côté de Paris. Toutes cescompostions neuves, dune disposition & d’un genreinconnu avant lui, sont autant d’exemples admira-bles qui peuvent dans la fuite donner le ton à nosElèves, s’ils apprennent une fois à sentir qu’il n’estpoint de vraies beautés dans l’Architecture en gé-néral ni dans un projet particulier, si l’on nyremarque de certains traits , que le genre seul adroit de faire éclore, & qui pour être approuvés,doivent convenir au local, aux différents aspectsdu bâtiment, à fa situation & à son exposition. Cesdifférents moyens , bien envisagés de la part del’Architecte, le conduisent à ces écarts heureux,à cette tournure d’imagination , à ces ressourcesde l’Art, que l’homme transcendant sait se per-mettre. C’est ce caractère d’originalité qui l’autorisequelquefois à donner des formes moins rectili-Tome I . B b