p* Architecture* Z 87
Les Architectes Arabes ont excellé dans lesformes pyramidales ; peut-être aufïï ont-ils pousséjusqu’à l’excès , cette maniéré de décorer leursédifices, la plupart ayant affecté jusques dans lesplus petits détails des pyramides percées à jour ,évidées, & d’une structure peut-être plus éton-nante qu’admirable. Le clocher de Strasbourg,celui de la Sainte-Chapeîle à Vincennès, celui duPalais à Paris , le portail de Reims, Saint - Ouenà Rouen , prouvent assez ce que nous avançons;mais néanmoins ces formes pyramidales, peut-être trop réitérées , & presque toujours mono-tones , ne satisfont pas en ce genre, autant quequelques-uns de nos édifices modernes , où l’onremarque que les masses , quoique moins consi-dérables , & les parties plus d’accord entr’elies ,semblent intéresser beaucoup plus que ces ou-vrages gothiques assez célébrés , mais enfants dela singularité , & du goût dominant de leurs ordon-nateurs.
De tous nos Auteurs modernes, Palladio estcelui qui certainement a entendu le mieux lesformes pyramidales dont nous voulons parler.Entre nos Architectes François, Jules HardouinMansard & M. Boffrand, sont ceux qui s’en fontacquittés avec le plus de succès. Debrosse & LeMercier ont aussi donné des preuves de l’excel-lence de l’Art dans certe partie de l’Architecture ;le premier au Luxembourg, à Saint - Gervais ; lesecond à la Sorbonne, au Château de Richelieu :aussi rien de plus agréable que ces productions ;rien de si charmant que celles de Palladio dansles bâtiments qu’il a fait élever à Bologne, àVicence; en un mot, rien de si intéressant que lesInvalides , le Château de Clagny par Hardouin,
B h ij