d’àrchitecture. 393remarque que la réalité des proportions combinéeavec l'aparence de ces mêmes proportions, con-court à faire admirer le frontispice d’unTemple,la décoration d’une place publique , ou la façaded’un bâtiment : la réalité par les grandeurs géométra-les, l’apparence par des hauteurs variées & relativesà l’eífet de l’optique ; en forte qu'avec le secoursde ces moyens, mis en œuvre par la théorie del’Art, l’édifìce vu d’un point de distance déter-miné , puisse plaire également, & aux connoif-feurs & au vulgaire. Enfin une Architecture vraif-femblable, telle que nous l’entendons , est plutôtle fruit du raisonnement & de la méditation del’Architecte , que l’application stricte des préce-ptes , la vrailì'emblance étant quelquefois préfé-rable à une vérité qui rebute souvent plus quellene satisfait : par exemple ? l’angle saillant d’unavant-corps, l’encoignure d’un bâtiment, un tru-meau , un pied-droit, trop peu considérables enapparence, n’en offrent pas moins à la réflexion lasolidité réelle de l’édifice ; mais ces différentesparties péchant contre la vraiffemblance, leursapparences blessent l’œuil de l’examinateur, & parcette raison doivent être rejetées. Un édifice,quoique bâti avec sûreté , n’en paroît pas moinschoquant ; parce qu’on a cru pouvoir y négligerla vraiffemblance dont nous parlons. Cette qualitéest préférable en bien des occasions à la réalité , &à ce caractère vrai que nous venons cependantde regarder comme le premier mérite de l’Archi-tecture, mais dont on peut s’écarter quelquefoispour donner encore plus de beauté à fa produ-ction. Ce mot, beauté , nous avertit de passer àce qite nous entendons par une belle Archite-cture.
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