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les distingue des bâtiments dont nous venons deparler precédemment ; néanmoins nous sommesd’avis qu on n’y emploie encore qu un seul ordre,mais dont le choix de l’exprestion & la grandeurdu module annonce que ces monuments , qui nedoivent avoir rien de vulgaire, font consacrés àla Religion , à la gloire des Souverains ou auministère public. Au reste , par un grand mo-dule nous n’entendons pas celui qui porteroit latige de fa colonne à une hauteur gigantesque ,& qui par-là rendroit toutes les portes, les croi-sées & les autres parties de l’édisice , chétives& mesquines : on doit songer que tout est rela-tif en Architecture , nous l’avons déja remar-qué ; c’est même un abus de croire que dans unefaçade un petit ordre serve à faire valoir un plusgrand ordre ; certainement c’est vouloir allier lescontraires ensemble, & ôter à l’Architecture l’unitési nécessaire dans toutes les productions des Beaux-^Arts.
Plusieurs Architectes craignent, disent - ils ,l’égalité que nous recommandons, & rappellentmonotonie. Nous leur répondons que ce ne fontpoint les contrastes , mais les proportions, & lesrapports du tout aux parties , & des parties autout, qui produisent les vraies beautés en Archi-tecture. D’ailleurs nous pouvons le dire ici, cen’est que la multitude qui pense ainst. L’excellencedes préceptes n’eft connue que du petit nombre,& c’est le sentiment de ceux - ci qu’il faut suivrepour participer à la gloire que s’acquierent lesgrands Maîtres.
Nous emploierions donc un grand ordre , maisqui n’auroit rien de colossal dans la décoration desbâtiments publics, parce qu’alors il servit aisé de