d’Architecture. ti
réponse à ceux qui prétendent que l’habitude abeaucoup de part au plaisir que nous ressentonsau pied d’un édifice , & que les beautés que nousregardons comme réelles, ne nous paroissent tellesque parce qu’elles font accompagnées d’autresbeautés, qui consistent dans le prix de la matière,la perfection de la main - d’œuvre, ou dans unesituation avantageuse. Cela est si peu vrai, que sil’habitude suffisoit pour faire trouver un édificeagréable , les hommes de goût seroient moinschoqués à l’afpect des ouvrages imparfaits quela routine ou la mode leur offre tous les jours :d’ailleurs si le prix de la matière & la perfe-ction du travail font effectivement des beautés ,du moins est - il certain que , quoiqu’elles con-courent à la perfection de l’édifice , elles peu-vent être estimées séparément , fans pour celaque nous cessions d’éprouver le désagrément quenous ressentons , en examinant l’enfemble & lesdifférentes parties de l’édifice. 11 peut arrivermême que ces beautés particulières fassent d’au-tant moins de plaisir, qu’elles fe trouvent alorsconfondues avec une ordonnance qu’on est forcéde reconnoître pour médiocre. Disons plus , iln’appartient qu’aux hommes superficiels de faireconsister le mérite de leurs productions dans leprix de la matière & la recherche de la main-d'œuvre ; ces fortes de beautés ne font que desaccessoires, faits pour accompagner les beautés del’Art : autrement elles deviennent étrangères à l’Ar-chitecture proprement dite. Nous pouvons le direici, nos plus beaux édifices, quoique construitsavec des matières assez communes , ne laissentcependant pas d’étonnerle spectateur, par la justessede leurs rapports & la combinaison de leurs par-