d’Architecture. 155
les ramener au íìmple , leur rappeler les réglésfondamentales de l’Art, ils semblent prendre plai-sir à s’en écarter , ou , lorsqu'ils y applaudisient,ce n’est qu’avec des restrictions, & ils préfèrenttoujours de s’abandonner au torrent, d’où insen-siblement ils perdent de vue la véritable route quiconduit au sublime, pour ne produire que deschimères , & déployer tout ce que leur imagi-nation peut enfanter de plus extravagant.
Au reste, nous les prions de nous tenir comptede notre sincérité ; qu’ils nous sachent gré même,s’il est possible, de nous être prêtés à leur offrirle destin que nous leur donnons dans cette plan-che ; certainement nous ne remploierions jamais :nous avons voulu seulement leur présenter simagede leurs écarts , en cherchant néanmoins à rendrecette composition la moins vicieuse possible. Quoi-que nous n’y ayons répandu qu’une certaine quan-tité de Sculpture, cependant, malgré notre réserve,elle donne à ce dessin l’air d’un monument élevéplutôt pour la magnificence que pour désigner lefrontispice proprement dit (Tune maison Royale ,ou de la demeure d’un Grand Seigneur : austiavons-nous placé au pied des colonnes du grandordre , d’un côté , une statue de Mars , & del’autre , celle d’Hercule : fous l’archivclre , unéctisson & des supports ; pour claveau , une clefen console ; enfin sur les socles au-dessus de l’en-tablement, des trophées d’arme servant d’amor-tissement aux extrémités de cet édifice. Nous ob-serverons cependant que nous n’avons cannelé lescolonnes que dans les deux tiers supérieurs deleur fût. II n’est point douteux que si l’on yplaçoit les statues qui se voient ici , on auroit cíucontinuer ces cannelures dans toute la longueur,