d’Architecture.l’usage qu’en a fait Perrault au péristyle du Lou-vre ; & l’on doit leur préférer les pilastres pliés ,comme moins licencieux.
Plusieurs Architectes qui désapprouvent l’emploides pilastres dans la décoration des édifices, con-damnent absolument ceux qu’on fait diminuercomme les colonnes , ainsi que François d’Orbayl'a fait au portail de l'Eglise des Quatre-Nations.II s’y est lans doute cru autorisé par plusieursexemples antiques , tels que les pilastres adossésfur le nu du mur, derriere les colonnes de l’Arcde Septime - Sévere ; ceux qu’on voit à l’Arc deTriomphe de Constantin, & au Temple appelépar Vitruve , le Temple de Mars le Vengeur.Philander & Scammozzi sont austì de cet avis;mais malgré ces autorités, contredites par d’autresexemples non moins célébrés, comme dans l’ex-térieur & l’intérieur de la Rotonde , au Coliíée& ailleurs, où les pilastres sont parallèles , nouscroyons devoir conseiller cette derniere pratique.
Ceux qui préconisent les pilastres diminuésprétendent, quêtant l’image des murs qui chezles Anciens diminuoient insensiblement de leurbase à leur sommet ; il étoit naturel alors de leurfaire indiquer cette diminution : que d’ailleurs lespilastres servant de colonnes dans les édifices ,doivent en retenir la diminution ; que les colonnesont d’abord été diminuées à l’imitation des arbresqu’elles représentoient dans les premiers monu-ments ; qu’enfin un pilastre diminué, n’est autrechose que la représentation d’un arbre qui, derond qu’il étoit , se trouve équarri par l’art :d’où il s’enfuit, disent - ils , que toutes ces mé-thodes sont également bonnes à suivre , & quec’est à la prudence de l’Architecte à les employer