d’Architecture. z8i
respondance convenable entre le module de l’Or-dre & l’étendue de l’édifîce. On croit être grand,on n’est que gigantesque; ou, de cet excès, ontombe dans celui de taire plusieurs petits ordresélevés les uns au-dessus des autres; en faveurde la disposition quelquefois heureuse du plan,on sacrifie l’ordonnance: on a recours au fastepour pallier les défauts qui se sont glissés entrela relation des dehors, & celle des dedans dumonument. On remet à l’avenir le foin de serendre compte des détails de la construction &de la partie économique qui doit s’observer,dans les entreprises même les plus importantes;on plante, on éleve avec succès jusqu a un cer-tain point, puis on se trouve arrêté par desobstacles invincibles, qu’on ne peut parvenir àsurmonter qu’aux dépens, ou de la solidité, oude la beauté d’ensemble & de l’harmonie quidevroit régner entre les parties & le tout.
Nous le répétons encore, la structure de nos Tem-ples exige une étude particulière; leur grandeur,leur élévation, la maniéré de les fonder suppose uneexpérience toute autre que celle qui guide l’Ar-chitecte dans les Bâtiments d’habitation : non-seu-lement il faut avoir étudié les procédés dont fefont servis nos plus célébrés Architectes en France,mais connoîrre ceux qu’on a suivis lors de laconstruction des plus grands monuments élevésen Italie ; la feule partie des voûtes, relative-ment à leur légéreté, à leur poids, à leur pous-sée, demande une méditation profonde : sart ducalcul, les connoissances de la Physique, desforces mouvantes, font de leur ressort ; on nepeut y parvenir avec succès que par une lon-gue fuite d’expériences, que par le secours des