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Tome premier.
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VI
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vj INTRODUCTION.

Dans la Grèce , l’architecture, qui sous un certain rapport parvintà un si haut degré de perfection, fut, dans la direction prise après sespremiers essais, induite en erreur sur quelques données élémentairesde l’art de bâtir. Avant d’employer la pierre et le marbre à la constru-ction de leurs édifices, les Grecs avaient comme consacré par un systèmed’édifices en charpente les élémens de leur architecture ' ; et, lorsqu’ilseurent recours à des substances plus durables, on les vit se borner àl’imitation pure et simple de formes et de combinaisons bien adaptéesaux premiers édifices en bois, et que son emploi semblait seul pouvoiradmettre. La scrupuleuse fidélité qu’ils apportèrent dans cette imitation,tout en révélant la cause des égaremens de l’art, vient aussi déposer enfaveur du discernement, qu’ils mêlèrent à leur erreur capitale. Trop judi-cieux pour s’aveugler entièrement sur la fausse route qu’ils prenaient,on les vit s’appliquer à faire disparaître, à force d’art, les contradi-ctions choquantes que présentait, à chaque instant, cette étrangemétamorphose. On dirait que, déjà instruits par la sculpture à faireoublier dans la reproduction des formes des êtres animés, l’inertie, la

1 Plusieurs passages de Pausanias ne laissent aucun doute à cet égard. Entr’au-tres exemples de constructions en charpente rapportés par cet auteur, voici ce qu’ildit au sujet d’une colonne de bois conservée dans le temple de Jupiter, à Olympie .

« En allant du grand autel au temple de Jupiter, on trouve une colonne de» bois, que les Eléens appellent la colonne d’OEnomaüs ; c’est à gauche. Quatre autres» colonnes soutiennent le plafond de ce côté-là , et Servent aussi d’appui à la colonne» de bois, tellement cariée de vétusté, qu’on a été obligé de la revêtir de cercles de» fer. On dit que c’était autrefois une colonne du palais d’OEnomaüs ; et que ce fut» tout ce qui en resta , lorsque ce palais fut dévoré par le feu du ciel ; des vers gravés» sur une famé de cuivre attestent cette particularité...» ( Eliac. V, C. XX, § 3.)

En parlant du temple de Junon , à Olympie , il avait déjà observé : « que l’une» des deux colonnes, que l’on voyait figurer à lâ partie postérieure du temple, était» en bois de chêne. » [lbid. C. XVI, § 1. )

Voici les autres exemples cités par cet auteur : « Les Éléens, dit-il, ont dans» leur place publique un autre temple d’une espèce singulière ; ce temple est d’une» hauteur médiocre, et n’a point de murs ; il est soutenu par des piliers de bois de» chêne. On croit à Elis que c’est la sépulture de quelque grand personnage, mais» on ne sait pas de qui ; s’il en faut croire un vieillard que je questionnai, c’est le» tombeau d’Oxilus. » Idem (Liv. VI, Chap. XXIV).

Pausanias cite en dernier lieu le nouveau temple de Neptune, que l’on voyait