xxij INTRODUCTION.
par une influence magique, cet art changea entièrement de système.Jusque-là, tout ce qui dans les édifices n’avait été réglé que par lebesoin, la convenance, enfin par une étude appropriée à l’usage, de-vint subordonné à l’emploi de simulacres de constructions. Renonçantainsi à tous les avantages que procurait l’architecture primitive, on nerencontra d’abord aucun de cèux qu’on pouvait retirer de l’emploi deces nouveaux modèles. Tel devait être, au reste, le premier résultat del’introduction de ces élémens, chez des peuples éloignés du théâtreoù l’architecture antique avait développé toutes ses ressources, et desmaîtres qui s’étaient formés à cette grande école 1 .
A la suite des cinq ordres d’architecture, la connaissance des monu-mens antiques commença insensiblement à se répandre; et le goût dela grande architecture se développa de plus en plus avec elle. Cepen-dant, commé nu milieu des chefs-d’œuvre de plus d’un genre, ceshabiles maîtres s’étaient spécialement appliqués à mesurer la modina-ture des ordres grecs, pour en déduire les règles qu’ils nous ont trans-mises , ils nous avaient laissés sans guides pour tout ce qui relève de lascience des constructions 2 . Ceux d’entre eux qui publièrent les édifices
1 Les Romains furent si vivement frappés de la beauté des ordonnances grecques,que,, tout habiles qu’ils étaient déjà dans l’art de bâtir, ils n’hésitèrent pas à les con-sidérer comme le type de l’architecture. Mais tout en accueillant avec enthousiasmeces ordonnances si parfaites, on les vit s’efforcer à concilier les difficultés attachéesà leur emploi, avec les vastes données que leur imposaient les besoins qu’ils avaientà remplir. C’est ainsi que dans leurs plus importantes constructions, les colonnesne figurèrent en ellét que pour la décoration ; et que bien loin de subordonner lacomposition des édifices aux fonctions restreintes de ces élémens, ils ne leur don-nèrent la plupart du temps qu’un rôle fictif à remplir dans l'ensemble. Entre autresexemples à l’appui de cette observation , il suffira de citer celui des énormes penden-tifs demeurés suspendus à la masse après l’enlèvement des colonnes, qui semblaientsoutenir la retombée des voûtes d’arrête du temple de la Paix.
2 Baldassare Zamboni a consigné dans son ouvrage sur les monumens publics deBrescia, publié dans cette ville en 1778, les opinions émises par Sansovino , Palla-dio ^ Rusconi et plusieurs autres architectes célèbres , consultés sur la loge et le dômedeçette ville. On voit dans ces écrits par quelles ingénieuses inductions ces maîtressuppléaient, au besoin, à la connaissance des principes sur lesquels repose la sta-bilité des constructions. Nous donnons, au Livre IX, la traduction de ces précieuxmémoires.
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