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Tome premier.
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CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.

les pose de champ ; les joints formant l’épaisseur sont creusés dans lemilieu pour recevoir le plâtre qui sert à les lier.

ART. II. !- DU PISÉ.

Le pisé est une manière de construire en terre, qui est encore plussimple que celle de bâtir en briques crues. On en fait beaucoupd’usage dans les départemens de l’Ain, du Rhône et de l’Isère . Cemoyen économique, qui forme des habitations solides, à l’abri desincendies, mériterait d’être propagé dans tous les autres départemensoù l’on construit en bois, surtout pour les granges et autres bâtimensruraux.

Lorsque les murs en pisé sont bien faits, ils ne forment qu’une seulepièce; et lorsqu’ils sont revêtus à l’extérieur d’un bon enduit, ils peu-vent durer plusieurs siècles 1 .

Ce genre de construction semble avoir été inconnu des anciens Ro-mains. Pline le Naturaliste en parle comme d’une chose extraordinairequi doit exciter l’admiration. Il s’exprime ainsi :

« Mais quoi ? ne voit-on pas en Afrique et en Espagne des murailles» de terre, appelées murailles de forme, parce qu’on les jette, pour ainsi» dire, en moule plutôt qu’on ne les construit, et ces murailles ne durent-» elles pas plusieurs âges, en résistant aux pluies, aux vents et aux» incendies, plus fermes que des murs de moellons ? L’Espagne voit» encore aujourd’hui avec étonnement les guérites et tours de terre» construites par Annibal, sur le sommet des montagnes.»

Quid ? non in Africa Hispaniâque ex terrâ parietes , quos apellant formaceos, quoniamin fonnâ circumdatis utrinque duabus tabulis infarciuntur veriùs, quàm instruuntur, ævisdurant, incorrupti imbribus, vends, ignibus, omnique cæmento firmiores ? Spectat etiamnunc spéculas Hannibalis Hispania, terrenasque turres jugis montium impositas, ( Pline ,liv. 35, chap. 1 4- )

* En 1764, je fus chargé de restaurer un ancien château dans le département de l’Ain ; ilétait bâti en pisé depuis plus de cent cinquante ans : les murs avaient acquis une dureté etune consistance égales aux pierres tendres de moyenne qualité, telle que la pierre de Saint-Leu. On fut obligé, pour agrandir les ouvertures des croisées, et faire les nouveaux per-cemens, de se servir de marteaux à pointe et taillans, comme pour la pierre de taille.