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Tome premier.
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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR

Instruction sur la manière de fabriquer le pisé.

Toutes les terres qui ne sont ni trop grasses, ni trop maigres, sontpropres à faire le pisé. La meilleure est la terre franche, qui est unpeu graveleuse. Toutes les fois qu’avec une pioche, une bêche, ou unecharrue, on enlève des mottes de terre qu’il faut briser pour les dés-unir, cette terre est bonne pour piser. Les terres cultivées, les terresde jardin, les terres naturelles, formant des berges qui se soutien-nent presque à plomb, ou avec peu de talus, peuvent être em-ployées avec succès.

Pour préparer la terre, il faut l’écraser et la faire passer par uneclaie moyenne pour en extraire les pierres qui excéderaient la grosseurd’une noix. Si la terre est trop sèche, on la mouille par aspersion, enla remuant à mesure avec une pelle pour l’humecter également. Il suffitqu’elle soit un peu humide, de manière qu’en en prenant une poignéeelle puisse, en la jetant sur le tas, conserver la forme qu’on lui adonnée en la pressant un peu dans la main.

Lorsque la terre est préparée, on la jette dans une espèce de moule,ou encaissement mobile (fig. 1 et 2, planche IV), où elle est battue pardes ouvriers avec un pilon marqué 7, fig. 2 et 8 dans les détails.

Cet encaissement est formé de deux tables en bois de sapin, mar-quées i , fig. 1 et 2, que les piseurs des environs de Lyon appellenthanches, composées de planches assemblées à rainures et languettes,et fortifiées par d’autres planches marquées 2 , posées en travers , et ,arrêtées par de forts clous rivés. Pour faciliter la pose en place de ceshanches , on attache à chacune deux poignées indiquées aux fig. 1 et 2par la lettre P.

Ces hanches se posent sur des traverses ( marquées 4 dans les mêmesfigures , et 10 dans les détails ) et placées dans des entailles pratiquéesdans la partie de mur déjà faite. Ces quatre traverses, appelée lassoniersou clefs, sont percées de deux grandes mortaises dans lesquelles onplace des petits poteaux portant un tenon par le bas , nommées ai-guilles, marqués 3 dans les fig. 1 et 2 , et 9 dans les détails. On laisseà l’intérieur des banches un espace égal à la plus grande épaisseur desmurs à faire , c’est-à-dire, environ 20 pouces ( 54 centimètres ), etcomme on diminue l’épaisseur de ces murs à mesure qu’ils s’élèvent, il