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Tome premier.
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CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.

» du sable grossier avec la chaux nouvellement éteinte, ou avec la» chaux vive arrosée d’un peu d’eau, ce mélange prend de la consis-'> tance, et forme le mortier.

» L v état et la proportion de la chaux, son extinction avec une plus» ou moins grande quantité d’eau, ou faite à l’instant, même du mé-» lange; la nature du sable plus ou moins gros, arrondi ou inégal, sec» ou humide, produit de grandes différences dans les divers moi’tiers ;« c’est ce qui résulte des Recherches de Lafaye sur le mortier des an-» ciens, publiées en 1777 et 1778. » Il sera question de ces Recherches,et du moyen proposé par Loriot, à l’article IV e .

« Il paraît que les Romains ne sont parvenus à donner une grande» solidité à leurs constructions, que par les justes proportions du mé-» fange de chaux éteinte d’une manière particulière, et du sable iné-» gai.» La chaux paraît avoir plus d’attraction pour l'alumine que pourla silice : ceci sera encore expliqué à l’article IV e .

« On fait encore de trcs-bon mortier avec de la chaux et de l’argile» cuite en briques, ou de la pouzzolane, espèce d’argile ferrugineuse,» cuite par le féu des volcans, et altérée par le contact de l’eau et de» l’air. »

Il résulte de tout ce qui vient d’être dit sur la chaux, que ses pro-priétés sont bien connues, mais que les chimistes ne sont pas d’accordsur la nature ni sur la véritable cause des effets qu’elle produit.

Tous les auteurs qui, depuis Vitruve , ont écrit sur cette matière,conviennent avec lui, que les pierres à chaux, soumises à la calcina-tion, perdent, par la violence du feu, les parties aqueuses et volatilesqui servent de lien à la terre calcaire dans la formation des pierres;mais les chimistes ne sont pas d’accord sur la nature des parties vola-tiles qui se dégagent des pierres à chaux pendant la calcination. Lesuns ont pensé que c’était un acide sulfureux, d’autres ont reconnu unesubstance qu’ils ont appelée air fixe ou gaz, désigné, dans la NouvelleNomenclature méthodique de chimie, par le nom cl’acide carbonique.

La grande question est de savoir, si la causticité ou la propriétéalcaline, que la terre calcaire semble acquérir par l’effet de la calcina-tion, vient, comme le pensent Vitruve et plusieurs célèbres chimistes,des parties ignées qui se combinent avec cette terre pendant la calcina-tion, et qu’elle perd lorsqu’elle reste long-temps exposée à l’air, dontelle absorbe l’humidité, ou si cette propriété lui est naturelle.

I