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Tome premier.
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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.

Traduction par M. de la Faje.

« La chaux vive étant trempée dans l’eau avant que ce feu interne» s’évapore, elle acquiert de la force, et ce fluide venant à pénétrer« ses pores, elle s’échauffe, et rejette ensuite, en se refroidissant, le» feu quelle contenait 1 . »

M. de la Faye pense que par ces mots perfundcre calcem, et perfusiocalcis , saint Augustin indique le même procédé que Vitruve exprimepar intinctus in aquâ. C’est principalement sur ces deux expressionsque M. de la Faye fonde sa méthode de préparer le mortier pour lesconstructions. Yoici comment il s’explique, page 34 :

« Vous vous procurerez de la chaux de pierres dures, qui sera nou-» vellement cuite; vous la ferez couvrir en route, alin que l’humidité» de l’air ou la pluie ne puissent pas la pénétrer.

» Vous ferez déposer cette chaux sur un plancher balayé dans un» endroit sec et couvert; vous aurez dans le même lieu des tonneaux» secs, et un grand baquet rempli jusqu’aux trois quarts d’eau de ri-» vière, ou d’une eau qui ne soit ni crue ni minérale.

» Il suffira d’employer deux ouvriers pour l’opération. L’un, avec» une hachette, brisera les pierres de chaux, jusqu’à ce quelles soient» toutes réduites à peu près à la grosseur d’un œuf. L’autre prendra» avec une pelle cette chaux brisée, et en remplira, à ras seulement,» un panier plat et à claire-voie, tel que les maçons en ont pour passer» le plâtre. Il enfoncera ce panier dans l’eau, et l’y maintiendra jusqu’à» ce que toute la superficie de l’eau commence à bouillonner; alors il» retirera le panier, le laissera égoutter un instant, et renversera cette» chaux trempée dans un tonneau. Il répétera sans relâche cette opéra-» tion, jusqu’à ce que toute la chaux ait été trempée et mise dans les» tonneaux, qu'il remplira à deux ou trois doigts des bords; alors cette» chaux s’échauffera considérablement, rejettera en fumée la plus» grande partie de l’eau dont elle s’est abreuvée, ouvrira ses pores en» tombant en poudre, et perdra enfin sa chaleur; telle est la chaux que» Vitruve nomme calx exüncta.

1 Texte de Vitruve .

Intinctus in aquâ priusquàm exeat ignis, vim recipit, et liumore pénétrante in fora-minum raritates confervescit, et ita refrigeratus rejicit ex calcis corpore fervorem.