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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
embarrassante que celle de Loriot ; le mortier qu’elle produit est moinsaride et plus propre aux ouvrages de maçonnerie; mais il n’a pas lapropriété de durcir aussi promptement que le mortier Loriot, surtoutdans l’eau.
Le mortier de M. de la Faye ne paraît avoir aucun avantage surcelui fait avec de la chaux fraîchement éteinte à l’ordinaire et avec lesmêmes précautions.
Il est certain que ni l’une ni l’autre de ces méthodes n’est celle dontse servaient les anciens Romains. Les interprétations que Loriot et dela Faye donnent aux passages des auteurs qu’ils citent, et sur lesquelsils se fondent, paraissent plutôt faites d’après leurs méthodes, que cesméthodes d’après le texte qui peut également être appliqué à la ma-nière ordinaire.
Par exemple, le passage du 36 e . livre de Pline, chapitre 23, cité parLoriot : Ruinarum urbis ea maxime causa, quodfurto calcis sineferru-mine suo cementa ponuntur, peut être traduit ainsi : « La principale» cause de la ruine des édifices de Rome , vient de ce que, par fraude,» les maçons emploient de la chaux éventée ou noyée qui n’a plus au-» cune force pour lier les moellons. » D’ailleurs Vitruve dit expressé-ment, livre 2, chapitre 5, en parlant de la chaux :
« Lorsqu’elle sera éteinte, alors il faudra, pour faire le mortier,» broyer ensemble trois parties de sable, s’il est fossile, avec une partie» de chaux h »
Il est probable que si les anciens Romains eussent employé deux es-pèces de chaux dans la composition de leur mortier, Pline ou Yitruveen auraient parlé, surtout de la chaux en poudre qui demande une pré-paration particulière. Mais au lieu d’entrer dans de plus grandes dis-cussions sur des passages qui peuvent recevoir des interprétations dif-férentes , il vaut mieux indiquer les moyens de rectifier les abus quela négligence des ouvriers, leur ignorance ou leur cupidité peuventavoir introduit dans la manière de préparer le mortier, en profitantde ce qu’il y a de bon dans les méthodes proposées par différens auteurs.
En examinant avec attention les procédés proposés par Loriot et dela Faye, on voit qu’ils se réduisent :
1 Cùm ea erit extincta, tune materia ita misceatur, ut si erit fossitia, très aren* et unacalcis coufundantur.