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Tome premier.
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151
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CONNAISSANCE DES MATERIAUX. 151

1°. A diviser la chaux vive le plus qu’il est possible, pour parvenirà la dissoudre plus facilement, plus également et avec une moindrequantité d’eau;

2°. A mêler cette chaux en poudre avec du mortier ordinaire, faitavec de la chaux en pâte, et broyé un peu clair, ou avec le sable ou leciment, simplement mouillés, afin de profiter de l’espèce de fermen-tation qu’excite la dissolution de la chaux, pour faciliter une plus par-faite union et une plus forte adhérence du sable avec la chaux.

Il existe deux abus bien préjudiciables dans la préparation du mor-tier, principalement à Paris , où l’on observe premièrement que la chauxn’est jamais assez cuite, parce que ceux qui la vendent étant obligésde la garder un certain temps pour en assurer le débit, elle ne se con-serverait pas, si elle avait le degré de cuisson convenable pour être em-ployée tout de suite.

En second lieu, on est dans l’habitude d’éteindre la chaux avec unetrop grande quantité d’eau, sous prétexte de la faire couler du bassindans lequel on l’éteint, dans celui où on la conserve : mais ce procédéne tend, en effet, qu’à diminuer sa qualité et à la faire foisonner davan-tage. Au lieu de broyer ces matières avec des instrumens de fer propresà cet usage, comme ceux dont on se sert en Italie , et dans tous lesendroits où le procédé des anciens Romains paraît s’être conservé, onles délaie avec des morceaux de bois emmanchés au bout d’un bâton.Ce moyen, qui exige plus d’eau, ne produit qu’un mélange imparfait,fort long à sécher, et qui n’acquiert qu’une faible consistance h

C’est peut-être ici le cas d’opposer à cette insouciance, qui semble régner parmi nous àce sujet , l’attention scrupuleuse que les Romains apportaient dans tous les détails de laconstruction. Chez eux , par exemple, les ouvriers employés aux travaux publics étaientdivisés par classes, où ils recevaient une instruction particulière sur chaque genre d’ou-vrages. Indépendamment de cette institution, une surveillance active, exercée par deschefs éclairés, venait encore assurer la bonne exécution des ouvrages. S. J. Frontin , à quinous devons ces précieux détails, ajoute encore au 123 e . paragraphe de ses commentaires surles aquéducs de Rome , « qu’il faut exiger, pour chaque nature d’ouvrage, la garantie debonne façon, voulue par la loi, dont tout le monde connaît les dispositions, mais que peumettent en pratique. »