154 TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
Alors on retirera Je panier, et on jettera dans le bassin les pierres quicommenceront à s'échauffer et à se fendre, en ayant soin de jeter del’eau à mesure, et on laissera celles qui ne se seront ni échauffées nifendues. On remplira de nouveau le panier, et on continuera l’opéra-tion , tant qu’il y aura de la chaux vive à éteindre, et on mettra decôté les pierres qui n’auront pas pu se dissoudre 1 .
La seconde manière consiste à écraser les pierres de chaux vive ayecun cylindre de pierre dure ou de fonte, ayant de la jeter dans Jebassin. Tout ce qui résistera à la pression de ce cylindre, doit être re-jeté, comme n’ayant pas le degré de cuisson convenable.
Ce second moyen, moins embarrassant que le premier* exige uneaire en pierre dure qui servirait aussi à broyer le mortier. On voit à laplanche VJ ce cylindre ou rouleau indiqué par la lettre Lj l’aire enpierre dure par K; le bassin par G; et Jetas de chaux par U. Les let-tres I et M indiquent des broyoirs de fer dont l’usage sera expliquéci-après.
U faut avoir soin de remuer la .chaux du bassin à mesure qu’elle sedissout, afin de faciliter la fusion, et .d’obtenir une pâte d’une consis-tance uniforme.
Par cette méthode , on obvie aux inconvéniens qui résultent de lamanière ordinaire, par rapport aux pierres à chaux qui sont toujoursinégalement cuites, en sorte que les unes sont déjà fusées, tandis qued’autres, à peine échauffées , se trouvent enveloppées dans la pâte despremières, ce qui rend leur fusion encore plus difficile, et exige unequantité d’eau surabondante.
On peut encore, dans certaines circonstances, faire usage de la mé-thode indiquée par Philibert Delorme , qui consiste à couvrir la ehauxvive avec le sable ou ciment qui doit être employé 2 . On mouille ce sable
1 J’ai vu procéder de la même manière à l’extinction de la chaux dans plusieurs villes duroyaume de Naples , ainsi que dans cette dernière ville.
2 Cette méthode est à peu de choses près celle que mettent journellement en pratiqueles paveurs : elle présente pour ce ça.s l'avantage de durcir plus promptement. On trouvedans les mémoires critiques d’architecture du sieur Fi’emin, publiés à Paris en 1702, quele grès employé avec le ciment forme la construction la plus durable : il cite, à l’appui decette assertion, l’expérience qu’il en a acquise à la construction dji pont dç Pont-su r-Yonne.
Les paveurs mêlent aussi quelquefois au ciment ordinaire, un quart de ciment d’eau-forte,ce qui le fait durcir encore plus promptement, et lui procure une qualité supérieure. Ilest question de ce dernier au X e . Livre.