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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
en trouve dans les Alpes et les Pyrénées , sur le flanc des montagnes,par blocs lamelleux, dont quelques-uns sont traversés par des cristauxgypseux, d’une forme pentagonale. Les gypses striés ou filamenteuxse trouvent abondamment à la Chine, en Espagne, en Suède, en Suisse ,en Savoie et en France , dans les départemens du Bas-Rhin et de laCôte-d’Or .
Gypse appelé alabastrite, o il faux albâtre.
Ce gypse est une espèce de marbre tendre et demi-transparent, ordi-nairement blanchâtre et quelquefois coloré comme l’albâtre calcaire,dont il a l’apparence. Il se travaille facilement et reçoit le poli dumarbre tendre; mais il n’a ni les propriétés, ni l’éclat de l’albâtre quiest un véritable marbre. On trouve de ce faux albâtre en plusieursendroits de l’Allemagne, de la Suisse, de l’Italie et de la France . On n’enfait usage que pour les enduits intérieurs, les plafonds; pour des cloi-sons, des voûtes en briques et autres ouvrages intérieurs; mais on nel’emploie point pour la maçonnerie des gros murs, parce qu’il estmoins abondant que le plâtre commun, et qu’il n’est pas aussi fort.
De la cuisson du plâtre.
Le meilleur procédé pour cuire la pierre â plâtre, consiste d’abord àlui communiquer une chaleur modérée, pour dessécher l’humiditéquelle contient; on augmente ensuite graduellement le feu pour luidonner le degré de cuisson convenable, ce qui exige environ vingt-quatre heures. Lorsque le plâtre n’est pas assez cuit, il est aride, et neforme pas un corps assez solide; lorsqu’il est trop cuit, en le gâchant,on trouve qu’il n’a plus ce que les ouvriers de Paris appellent d amour,c’est-à-dire, qu’il n’est pas assez gras. Quand le plâtre est cuit à propos,l’ouvrier sent en le maniant qu’il est doux, et qu’il s’attache aux doigts : eneffet, c’est à cette qualité que l’on peut surtout reconnaître le bon plâtre.
Le plâtre doit être réduit en poudre aussitôt qu’il est cuit, soit en lebattant, soit en l’écrasant avec des meules ou cylindres de pierre 1 ,parce qu’il perd de sa qualité, pour peu qu’il reste exposé à l’air; lesoleil, en l’échauffant, le fait fermenter, l’humidité diminue sa force, etl’air emporte la plus grande partie de ses sels. C’est ce qui lui faitperdre son onctuosité et la faculté de durcir promptement, et de former
1 On peut voir un appareil de ce genre, PI. XXVI du 2 e . vol. de l’ouvrage d’Egypte.