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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
L'Olivier.
30. Les anciens faisaient usage du bois d’Olivier pour relier la ma-çonnerie des murs de remparts, après l’avoir fait durcir au feu : ils enformaient aussi les courbes et les liernes des plafonds et voûtes en boisqui devaient être revêtus de stuc dans l’intérieur des appartemens,parce que cette espèce de bois se conserve long-temps dans le mortier,et qu’elle n’est pas sujette à se tourmenter. Dans les îles de Rhodes etde Candie on en trouve dont le tronc a jusqu’à 2 pieds de diamètre,propre à faire de bonne charpente. Son bois est d’une couleur rousse,plus claire que le Cyprès, avec des veines ondées; il se travaille bien etreçoit un beau lustre ; on s’en sert pour la menuiserie et l’ébénisterie.
Les bois dont il vient d’être question sont ceux qui croissent natu-rellement en Europe , ou qui y sont acclimatés. Les plus utiles, tels queles Chênes , les Sapins , et autres de ce genre, se trouvent dans les au-tres parties, surtout en Asie et en Amérique , et même sur les côtes del’Afrique qui bordent la Méditerranée. Pour compléter l’énumérationdes bois, nous allons ajouter un précis des grands arbres les plusconnus qui sont particuliers à chacune des trois autres parties duglobe.
Les arbres qui croissent dans les régions froides situées au nord del’Asie , sont les Bouleaux, les Aunes, les Pins, les Sapins : dans les paystempérés et les pays chauds, indépendamment des Peupliers, desChênes, des Ormes, des Cèdres, des Frênes, des Sycomores, des Oliviers,des Mûriers, des Platanes, etc., les grands arbres les plus connus, sont:
de table que des feuilles. La cime de cet arbre ressemblait à une petite forêt; ses bran-ches étaient si grosses et si grandes, qu’on aurait cru voir autant d’arbres qui couvraientde leur ombre un vaste terrain.
Le père Ange de Saint-Joseph dit avoir vu, près d’Ispahan , un Platane sur les bran-ches duquel on avait construit une espèce de tente qui pouvait contenir cinquante per-sonnes.
Le fameux Châtaignier de l’Etna , appelé le Châtaignier aux cent chevaux, a, par le bas,au-dessus de ses racines, 178 pieds de tour. Le tronc principal, qui est ovale, a 51 piedsde diamètre d’un sens, et 29 pieds de l’autre ; il se divise en cinq grosses branches.
La substance ligneuse du tronc, réduite à environ un pied et demi d’épaisseur, laisse unvide intérieur d’environ 164 pieds de contour; c’est-à dire plus d’une fois plus grand quecelui du Platane dont parle Pline.