CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.CHAPITRE SIXIEME.
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DU FER.
PRÉCIS SUR l’eXPLOITATION, LA FABRICATION ET LA NATURE DES FERS.
Le fer, considéré relativement à son usage dans l’art de bâtir, est laplus forte des matières qu’on emploie à la construction des édifices.Cette qualité le rend très-propre à relier et à entretenir leurs principalesparties. On peut faire, par son moyen, des constructions plus légères,aussi solides et beaucoup moins coûteuses, parce qu’il supprime desefforts auxquels il faudrait opposer des masses considérables, ou qu’ilsupplée à des matériaux d’une très-grande dimension, difficiles à trans-porter et à mettre en œuvre.
Il faut cependant n’employer les fers que lorsque la nécessité les rendindispensables , et leur donner les dispositions, les formes et les dimen-sions convenables.
On reproche au fer d’être sujet à se décomposer à l’air et à l’humidité;on cite à ce sujet des fers, mal placés, qui ont fait éclater les pierres,par l’effet de la rouille qui avait augmenté leur volume; cependant lesfers trouvés sains dans les démolitions d’anciens édifices, ceux exposésà l’air depuis plusieurs siècles, tels que des vitraux d’églises gothiques,des grilles, des crampons de fer pour retenir des tablettes d’appui,les supports des réverbères des Tuileries, du cours la Reine, des quais,des ponts, etc., prouvent que ce métal, lorsqu’il est garanti de l’hu-midité , est aussi durable que les autres matières employées à la con-struction des édifices. J’ai vu des fers provenant d’anciennes construc-tions hydrauliques, qui étaient restés dans l’eau plus de 30 ans, êtreencore en bon état et pas plus l’ouillés que les fers neufs qu’on achètedans les magasins. Le savant Muschenbrock a éprouvé que si on met unmorceau de fer dans un vase rempli d'eau pure, bien bouché, il necontracte pas de rouille.
On a remarqué que les fers dont les surfaces ne sont que forgees sontmoins susceptibles de s’oxider que ceux qui sont limes ; ceux qui sontscellés dans du plâtre s’oxident beaucoup, ceux qui le sont dans dumortier ne s’oxident presque pas. C’est pour cette raison que les ma-çons en plâtre se servent ordinairement de truelles à lames w de cuivre,ceux en mortier, de truelles de fer.