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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
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J’ai trouvé dans les démolitions de très-anciens édifices des fers tout-à-fait enveloppés de mortier, qui n’étaient que légèrement oxidés à leursuperficie; tandis que d’autres, placés dans des constructions en plâtre,beaucoup moins anciennes, étaient presque décomposés. Lorsqu’on em-ploie des fers comme crampons, dans l’intérieur des constructions, ilfaut, autant qu’il est possible, éviter de les sceller en plâtre et surtouten soufre , qui décompose le fer encore plus vite.
Lorsqu’on ne fait pas usage du plomb, il faut les sceller en cimentgras, après les avoir bien fixés avec des tuileaux ou des petites cales defer. On doit surtout éviter de placer des fers dans des joints où les eauxpourraient pénétrer, par quelque négligence, soit dans la constructionou dans l’entretien. C’est à l’humidité que produisent ces eaux qu’ilfaut attribuer la rouille ou oxidation des fers et la destruction despierres, même dans les constructions où il n’entre pas de fers, ainsiqu’on l’a vu, il y a quelque temps , dans une des arcades du théâtre del’Odéon qui traverse la rue de Corneille.
On peut empêcher les fers de s’oxider en les enduisant de matièresgrasses. Muschenbrock remarque qu’en Hollande ( où il dit que les fersexposés à l’air s’oxident plus en huit jours, que vers le milieu de l’Alle-magne en un an, à cause de l’humidité saline qui y règne), on vient à boutde préserver ces fers de la rouille, en les enduisant avec de la graisse dechapon. Le goudron, la poix, la cire, les vernis et les mastics, produi-sent le même effet; en France on fait usage de peinture à l’huile qu’onpeut renouveler pour ceux qui sont exposés à l’humidité, car pour ceuxqui en sont à l’abri, il n’en est pas besoin quoiqu’ils soient exposés à l’air.
Presque tous les fers employés pour entretenir les parties d’unédifice, agissent en tirant et résistent aux efforts d’écartement par leurténacité ou l’adhérence des parties qui les composent. C’est cette pro-priété qui constitue la qualité essentielle du fer, qualité qu’on aug-mente beaucoup en le forgeant.
M. de Buffon assure que les bonnes ou mauvaises qualités du fer dépen-dent moins de la nature des minerais, dont il est tiré, que de la manièredont il est fabriqué. D’après son opinion, les fers d’Angleterre, d’Alle-magne ou de Suède, ne sont pas meilleurs que ceux de France ; il ditavoir éprouvé qu’en chauffant peu et forgeant beaucoup , on donne aufer plus de nerf et qu’on approche davantage du maximum de forcedont on ne saurait trop recommander la recherche.
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