200 TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
mais il est presque toujours difficile à polir et rarement il prend un
beau lustre. .
Il se trouve des fers qui sont, pour ainsi dire, composés des deux es-pèces précédentes; leur rupture présente des endroits blancs et d’autresnoirs. Quand on emploie ces fers tels qu’ils viennent de chez le mar-chand, ils sont pour l’ordinaire pailleux et de dureté inégale; maislorsqu’ils sont corroyés ils sont excellens pour la forge et pour la lime;ils sont fermes sans être cassans et se polissent aisément, quelquefoiscependant ils sont cendreux, défaut auquel sont exposés les fers doux.Ces fers pourraient avoir, en sortant des grosses forges, la bonne qualitéqu’on leur procure, en second lieu, si on les y travaillait avec plus de soin.
Il y a encore des fers qui ont le grain fin et qui n’ont point de chair ,cependant ils sont assez plians et ne se rompent pas aisément; ils pren-nent un beau poli, mais ils sont durs à la lime et bouillans à la forge.Ce sont des fers acérains qui prennent la trempe et ne sont pas propres"pour des ouvrages qui doivent soutenir de grands efforts. Quand cesfers doivent être limés, il faut les laisser refroidir doucement pour qu’ilsne se trempent point. On doit les ménager à la forge, presque comme sion travaillait de l’acier.
Les fers que l’on nomme rouverains, sont assez plians et malléables àfroid, mais il faut les ménager au feu et sous le marteau. Quand on lesforge ils répandent une odeur de soufre et il en sort des étincelles fortbrillantes. Lorsqu’on les chauffe presque à blanc et qu’on les frappe ru-dement, ils sont sujets à se dépecer sous le marteau, à se rompre oudu moins à devenir pailleux.
Les fers d’Espagne et ceux qu’on fait avec de vieilles mitrailles cor-royées, sont presque tous rouverains; ils sont bons, mais il faut les tra-vailler avec ménagement.
On voit par cette énumération des principales qualités du fer, quele meilleur, pour le cas où il doit agir en tirant, est celui qui, étantrompu, paraît tout nerf; et que celui dont la cassure est brillante, àpaillettes ou gros grains, ne saurait convenir pour cet usage : il tient dela nature de la fonte, et de la gueuse dont il provient, en ce qulil n’apas été assez purgé de son laitier.
Les qualités des autres fers tiennent plus ou moins de ces deux ex-trêmes. Le fer vaut mieux, à raison de ce que son grain est plus fin.Le meilleur est celui dont la cassure paraît arrachée et ne présente pas