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Tome premier.
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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.CHAPITRE TROISIÈME.

DES QUALITÉS, FORCE ET PROPRIETES DES BOIS DE CHARPENTE.

Les bois de charpente sont ceux qui méritent la plus grande atten-tion ; ils sont les plus considérables et les plus importans, soit qu’onconsidère leurs grandes dimensions, soit qu’on examine les qualitésqu’ils doivent avoir pour former des ouvrages solides et durables. Sou-vent ils sont destinés à soutenir de très-grands fardeaux, à résister auxplus grands efforts et à être exposés aux intempéries de l’air. Selon lepays et les circonstances, ces bois composent la totalité des édifices,ou n'y entrent que comme parties, en s’unissant aux autres genres de con-struction. Presque toujours ils servent à former les planchers et les com-bles. Dans tous ces cas, ils sont susceptibles d’une grande durée, lorsqu’ilsont la force et les dimensions proportionnées aux efforts qu’ils ont àsoutenir.

La piei’re a, il est vrai, sur le bois, l’avantage d’une plus grande du-reté, de pouvoir résister plus long-temps aux intempéries de l’air, den’être pas sujette à se toui'menter et à changer de forme et de volume,de procurer aux édifices qui en sont construits une solidité et une sta-bilité plus grandes que celles qui résultent de l’emploi du bois.

Les propriétés du bois sont d’être moins fragile que la pierre, d’êtreplus facile à travailler et à transporter. Le bois, étant formé de fibreslongitudinales, très-raides et fortement unies entre elles, peut égale-ment servir à tirer et à porter. Il peut être posé debout, en travers ouincliné. La pierre, au contraire, étant composée de parties grenuesréunies en tous sens, ne peut résister solidement qu’à l’effort de lapression, étant posée l’une sur l’autre. Les pierres qu’on trouve poséesen travers comme des pièces de bois, pour former des plafonds ou desarchitraves, dans les anciens édifices des Égyptiens et des Grecs, sup-posent une consistance qui ne se trouve pas dans les pierres ordi-naires. Au reste, même en admettant cette qualité, l’emploi de la pierre,pour les cas dont il s’agit, entraîne après lui plus d’entraves qu’il ne peutprocurer davantage : et l’architecture de ces peuples paraît constam-ment assujettie aux dispositions que prescrit à l’art de bâtir une matièreà la fois si forte sous le fardeau, et cependant si exposée à se rompre.

Le plus grand inconvénient de l’emploi du bois dans la construc-