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Tome premier.
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CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX. 227

tion des édifices, est de les rendre sujets aux incendies. Cette raison,plus que toute autre, a contribué à discréditer les constructions en boiset à en diminuer l’usage. C’est à cette cause qu’il faut attribuer le per-fectionnement de l’art des voûtes, au point de suppléer aux toits decharpente et aux planchers.

11 est cependant beaucoup de circonstances où l’on ne peut substi-tuer la pierre au bois, entre autres pour les machines et les construc-tions hydrauliques. Le bois est même nécessaire pour la constructiondes édifices tout en pierre ou en brique; les cintres, les échafauds et lesmachines ne peuvent être construits qu’en cette matière.

Les bois dont on fait le plus d’usage sont le chêne et le sapin.

Le bois de chêne est un des meilleurs qu’on puisse employer pourles ouvrages de charpente; il a toutes les qualités nécessaires, telles quela grandeur, la force et la fermeté. Il se trouve des chênes assez grandspour fournir des pièces de bois de 60 à 80 pieds de long sur 2 pieds d’é-quarrissage 1 . Dans l’usage ordinaire, les plus grandes poutres ne passentpas 36 à 4 0 pieds de longueur, sur 2 pieds ou 2 pieds un quart d’équar-rissage. Les pièces de bois de ces dimensions passent pour être de lapremière qualité et se vendent fort cher 2 .

Quant à la dureté de son bois, le chêne a l’avantage sur tous lesautres arbres qui peuvent fournir d’aussi grandes pièces. 11 est aussi le

1 Harlay rapporte que dans le comté d’Oxford , en Angleterre, on avait abattu un chênedont le tronc avait produit une poutre de 5 pieds en carré, sur 40 pieds de long. Rayrapporte, dans son Histoire générale des Plantes, qu’on voyait de son temps, enWestphalie , plusieurs chênes monstrueux dont un, qui servait de citadelle, avait 30pieds de diamètre sur 130 pieds de haut. Charles 1 er ., roi d’Angleterre, fit abattreun chêne prodigieux dont le tronc fournit quatre poutres de chacune 40 pieds de long, sur4 pieds 9 pouces en carré.

2 Cet échantillon est aussi reconnu pour être le plus fort dont on puisse faire usagedans la marine. « Si les arbres reconnus sains et bien venans n’ont pas 1 mètre 62 cent.» (environ 5 pieds) de tour à hauteur d’un mètre de terre, on doit les tenir en re-» serve pour les laisser croître.

» Ce serait une erreur de croire qu’on ne doit faire choix pour la marine que des» arbres de la plus forte dimension : sans doute ceux-ci sont essentiels à ménager, parce» qu’ils offrent souvent des pièces rares ; mais, par cela même qu’ils sont anciens et suragés,» la qualité en est douteuse et la détérioration prompte. Au contraire, 1 arbre dune» moyenne dimension est ordinairement plus sain, son échantillon se rapproche da-» vantage de celui qu’on exige dans les vaisseaux.

» Ainsi, les arbres de 2, 3 et 4 mètres de tour sont préférables , sous tous les rap-» ports, à ceux de 5 et 6 mètres, qui conviennent rarement à la marine » ( Instructionsur le choix, le martelage et l’exploitation des bois de marine, publiée en l’An XLpar l’administration générale des forêts. )

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