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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
plus pesant, celui qui se conserve le mieux à l’air, plongé dans l’eau ouenfoncé dans la terre. On dit ordinairement que le chêne est cent ans àcroître, qu’il se maintient cent ans, et qu’il est cent ans à dépérir surpied; mais l’expérience prouve que cette tradition ne repose sur aucunfondement. On fait usage du chêne depuis 60 jusqu’à 200 ans : passé cetemps il dépérit, et avant il est sans beaucoup de force et de consistance.
Lorsque ce bois a été coupé dans une saison favorable et employésec, à couvert des injures de l’air, il dure jusqu’à cinq à six cents ans;employé sous terre ou dans l’eau, on ne connaît pas le terme de sa durée,Il a encore l’avantage de la force sur les bois de construction de mêmegrandeur. Le bois de chêne, ainsi que celui de tous les autres arbres,varie de pesanteur, de dureté, de densité et de force, selon la naturedes terrains où il croît. La densité est toujours en rapport avec la du-rée de l’accroissement. Les arbres qui croissent le plus lentement onttoujours leur bois plus dur, plus pesant, plus compacte et plus fort.
On ne distingue pas d’aubier dans les arbres dont le bois est mou,tels que le tilleul, le bouleau, l’aune , etc.
Il résulte des expériences faites sur le chêne et sur plusieurs autresespèces de bois, que leur force est proportionnelle à leur densité et àleur pesanteur, c’est-à-dire que, de deux pièces de même bois et demêmes dimensions, la plus pesante est ordinairement la plus forte.
La pesanteur du bois varie dans un même arbre. On a observé queles pièces tirées de la partie inférieure de l’arbre sont plus pesantes quecelles tirées du milieu, et que ces pesanteurs diminuent dans les par-ties les plus élevées, et les branches, en raison de ce qu’elles sont pluséloignées du bas du tronc. Ainsi, lorsqu’il s’agit de choisir une pièceforte, il faut la prendre dans la partie inférieure de l’arbre.
Dans les arbres qui n’ont pas acquis toute leur croissance, le boispris vers le cœur du tronc est plus dur que celui de la circonférence.M. de BufFon a trouvé que cette dureté décroît à peu près en propor-tion arithmétique.
Dans les arbres parfaits, qui sont parvenus à toute leur croissance,la dureté est presque égale du centre à la circonférence.
Dans les arbres qui commencent à dépérir, le cœur est moins durque la circonférence. Ces observations font voir combien il est essentielde ne couper les arbres que dans le temps où ils ont pris tout leuraccroissement.