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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR,n’éprouver, pendant les hivers doux et tempérés, aucune influence del’air ou de l’humidité, et se décomposer presque spontanément aprèsplusieurs années, dans un hiver rigoureux ou même non rigoureux,mais présentant des successions de gelées ou de dégel plus ou moinsprononcées.
Dans cet état, la somme des connaissances acquises sur la nature desmatériaux offrait une lacune importante à remplir. Il s’agissait doncde trouver un moyen qui pût faire connaître, en peu de jours, si tellepierre est gelive ou non, et qui présentât des résultats aussi certains queceux qu’on peut obtenir aujourd’hui sur sa force et sa résistance. C’estce problème d’utilité publique que M. Brard, auteur du Manuel duMinéralogiste et de la Minéralogie appliquée aux arts, a résolu de lamanière la plus satisfaisante.
Laissons M. Brard faire connaître lui-même l’origine de cette précieusedécouverte, et les résultats de ses premiers essais.
« Les pierres gelives, dit-il, s’altèrent de trois manières différentes :
» 1°. En éclats irréguliers et anguleux;
» 2°. En feuillets plus ou moins épais;
» 3°. En grains plus ou moins fins 1 .
» Les pierres gelives par éclats irréguliers sont assez souvent des» roches calcaires, compactes, à la surface desquelles on observe des» filets droits, gris ou jaunes, d’une finesse extrême et qui s’entre-» coupent dans tous les sens.
» Le second mode appartient aux calcaires argileux fissiles, aux» schistes grossiers et aux roches micacées.
» Enfin les pierres qui s’égrènent sont les plus communes : on en» rencontre parmi les roches calcaires à gros grain et à grain fin,» dans certains granits, et surtout parmi les grès. Je ne dis pas que» toutes ces pierres sont gelives, j’indique seulement la manière dont» elles se détériorent à la gelée quand elles ne peuvent lui résister.
1 M. Brard aurait pu ajouter deux autres modes d’altération : 1°. celui dont l’effet estd’enlever des plaques de loin à loin , et aux endroits seulement qui renferment des flaches,espèce de défectuosités ou de solutions de continuité qui résultent d’une fissure ou de l’in-terposition d’une matière étrangère; et 2°. celui de certaines pierres qui semblent se cor-roder avec une sorte de régularité, et qui présentent, dans leur état de dégradation, desreliefs vermiformes assez remarquables, et qu’on a souvent imités à tort dans les monumenspublics. ( Note extraite du rapport de M. le vicomte Héricart de Thury . )