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CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.
» La force qui rompt l’adhérence des pierres gelives quand on les» expose aux atteintes de la gelée et aux alternatives des saisons, qui» se succèdent si rapidement en Europe , est la même force ou la meme» cause qui fait éclater les arbres dans nos forêts, et qui brise les vases» de terre et de verre dans lesquels on fait congeler l’eau.... Cela étant» reconnu, il s’agissait, pour résoudre le problème, de trouver un agent» dont les effets fussent analogues à ceux de l’eau congelée : or, la» première qui se présente est celle de produire un froid artificiel, et» d’y exposer la pierre que l’on veut étudier autant de fois que la» prudence l’exigerait, pour que l’on pût en obtenir une conviction» satisfaisante. Ce moyen serait sans doute le meilleur de tous s’il» était praticable en grand; mais comme il ne l’est point, et que les» substances réfrigérantes pourraient d’ailleurs altérer certaines pierres» et déguiser ainsi l’action de la gelée proprement dite, il faut renoncer» à ce procédé, malgré tous les avantages qu’il semblerait promettre 1 .» Maintenant, si l’on compare l’eau congelée à un sel cristallisé, que» l’on rapproche ses effets de ceux des substances salines, qui s’effleu-» rissent à la surface des pierres, et qui finissent même par la réduire» en poudre, on entrevoit un commencement d’analogie qui se fortifie» de plus en plus à mesure que l’on en compare les résultats.
» C’est en examinant, je l’avôue, l’effet d’un sel sur des vases de terre■» cuite, que j’espérai pouvoir atteindre le but que je me proposais,» en substituant l’action d’un sel mural à celle de, l’eau congelée.
1 II ne serait peut-être pas aussi impossible que le pense l’auteur de faire éprouver auxpierres d’appareil l’action directe de la gelée produite par un froid artificiel : voici même,à ce sujet, ce que l’on a proposé dernièrement.
On placerait la pierre d’épreuve, convenablement humectée, dans un vase de fer-blanc,que l’on entourerait en tout sens d’un mélange réfrigérant, composé de glace pilée et de rau-riate de soude ; on enfoncerait un thermomètre dans le mélange de sel et de glace, et undans le vase qui contiendrait la pierre. Du moment où les thermomètres marqueraient ensemble 2°. on examinerait la pierre une première fois, pour savoir si elle aurait déjà étéattaquée à ce premier degré de froid , et l’on en ferait autant à chaque fois que les deuxthermomètres descendraient ensemble à 4, 6, 8,10, 15 degrés, qui est à peu près lemaximum du froid à Paris .
Par ce moyen, l’on connaîtrait positivement le degré précis auquel telle pierre se dé-tériorerait; mais outre que ce procédé ne serait nullement à la portée des praticiens, et neremplirait point par conséquent l’une des parties essentielles de la proposition , nous croyonsqu’il demande à être appuyé d’une série d’expériences comparatives avant que l’on puissele conseiller, même pour les circonstances difficiles où l’on pourrait avoir recours aux ca-binets de physique et aux laboratoires de chimie. ( Note de M. le vicomte Hêricart deThury).