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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
Les progrès de la perfection dans chaque genre furent, partout, enraison de la nature et de l’étendue des ressources ; c’est ainsi que chez lespeuples du Nord, l’abondance du bois fit naître et développa plus rapi-dement l’art de la charpente.
Leurs habitations ne furent d’abord que des espèces de cônes cou-verts de feuillages, d’écorces d’arbres, de chaume, de peaux d’animaux,ou de terre, comme il s’en trouve encore chez les Lapons , les Sa-moïèdes et autres peuples des climats septentrionaux. Dans la suite,pour rendre ces constructions plus agréables, on parvint à distinguer letoit du corps de la cabane, en formant les murs avec des pieuxplantés en terre, et réunis par le haut par des pièces de bois poséesen travers. Les intervalles entre les pieux étaient remplis par desbranchages entrelacés en forme de claie, revêtus d’enduits en mor-tier de terre. Ce fut là le dernier perfectionnement des constructionsprimitives. Yoici comment Vitruve s’exprime à ce sujet :
a 'Dans la suite, chacun, au milieu de ces essais divers, observant» l’industrie des autres, y ajoutait de nouvelles idées, et l’on voyait» naître chaque jour quelque amélioration sensible dans l’arrange-» ment des habitations. Les hommes, étant naturellement portés à» suivre l’impulsion qui leur est donnée, recherchaient à l’envi la» gloire d’introduire quelque invention nouvelle dans la construction» des édifices, et cette application des esprits à se surpasser l’un l’autre,» conduisit peu à peu aux véritables élémens de l’architecture.
» On forma d’abord, dans quelques endroits, des murs, en dressant» des troncs d’arbres dont les branches étaient reliées ensemble par des» rameaux entrelacés, et ensuite recouvertes de terre massivée. Ailleurs,>* les murs d’enceintes furent érigés avec des masses de terre pétries et
Tune observantes aliéna tecta, et adjicientes suis cogitationibus res uovas, efficiebantin dies meliora généra casarum. Cùm essent autem homines imitabili docilique ‘naturâ,quotidiè iuventiouibus gloriantes aliis alii ostendebant ædificiorum effectus : et ita exer-centes ingénia certationibus in dies melioribus judiciis efficiebantur. Primùmque furciserectis et virgultis interpositis, luto parietes texerant. Alii luteas glebas arefacientesjtruebant parietes, materiâ eos jugamentantes, vitandoque imbres et aestus tegebantarundinibus et fronde. Posteà, quoniàm per hibernas tempestates tecta non poterantimbres sustinere, fastigia facientes luto inducto, proclinatis tectis stillicidia deducebant.
Hæc autem ex iis, quæ supra scripta sunt, originibus instituta esse, possumus sic