CHARPENTE. 7
» ensuite, pour la structure de leurs couvertures, des fermes composées» chacune d’un tirant (transira), de deux jambes de forces (cantherii),» avec leurs esselières (capreolï), et d’un poinçon (columna ) pour sou-» tenir le faiste (columen) ; et ces pièces, estant bien assemblées, se dres-» soient sur la largeur et sur l’aplomb de chacune des poutres; puis,» sur le travers des jambes de force de ces fermes, ils posoient. des» pannes (templa) dans toute la longueur du bastiment, lesquelles ser-» voient à lier et entretenir les fermes l’une avec l’autre, et à soutenir» les chevrons (asseres) qui posoient dessus elles, et qui descendant du» faiste de part et d’autre au delà du mur, faisoient la saillie de la cou-» verture ou du toict, qui se trouvoit achevé par les tuiles dont il» estoit recoüvert; et ces chevrons, qui estoient beaucoup moindres en» épaisseur que ceux de la première construction, estoient aussib espacez fort près à près et de telle sorte que souvent leur intervalle» n’estoit que la moitié de leur hauteur, ou les trois quarts de leur» épaisseur.
»» Voilà en peu de mots l’explication des deux différentes construc-» tions des couvertures et des planchers des édifices anciens, lesquelles,
» estant bien entendues, peuvent donner beaucoup de lumière au texte» de Vitruve , qui est extrêmement obscur en cet endroit, c’est-à-dire,
» au Chap. II du Liv. IV, et je les ay rapportées principalement pour» ce sujet, après en avoir vu des exemples dans des bas-reliefs anti-» ques, et dans divers bastimens particuliers en Italie . »
Ainsi, comme on était fondé à le croire par le fait même de leurorigine, rien de plus simple et de plus naturel que la composition descombles antiques. Après cette explication, si l’on examine avec atten-tion les charpentes plusieurs fois renouvelées sur le modèle primitif,dans quelques édifices des bas siècles \ on ne peut méconnaître les
1 Telles sont celles des anciennes basiliques de Saint-Pierre du Vatican et de Saint-Paul hors-les-murs , à Rome . On trouve dans l’ouvrage du père Philippe Bonanni,Chapitre IX, l’époque précise de la fondation de ces deux édifices, et la date des restau-rations partielles que la charpente de leurs combles a subie depuis Constantin , jusqu’aumilieu du quinzième siècle.
L’église de Sainte-Marie de la Crèche , à Bethléem , construite par sainte Hélène , mèrede Constantin , est aussi remarquable, en ce que le système de charpente n’étant appliquéqu’à une nef de 3o pieds de large environ, il offre encore plus de ressemblance avec