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Tome troisième.
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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR,diamètre de sa base, la stabilité ne serait plus que comme la neuvièmepartie de son poids.

Ce rapport de stabilité, entre la hauteur des colonnes et le diamètre'de leur base, se trouve réduit à moins du douzième dans les portiques,par la charge des entablemens et des plafonds qu’elles supportent. 11est vrai que ces points d’appui isolés se prêtent un mutuel secours surla longueur des péristyles , par la continuité des assises qui les relient ;mais les plates-bandes et plafonds qui les rattachent aux murs du tem-ple, ne leur procurent qu’un bien faible soutien : en effet, commentadmettre pour garant de la stabilité des ailes des temples, le frottementseul des pierres des soffites , en supposant même que le pied descombles n’exerçât aucun effort contre elles 1 ?

A ne considérer, comme on l’a fait pendant long-temps, les templesdes Grecs et des Romains que sur des représentations faites dans lesens de l’art, où des lignes purement décoratives remplacent à desseinles indications des joints, et donnent à l’ensemble l’aspect d’un toutdont les parties sont parfaitement reliées entre-elles, on conçoit qu’aupremier abord le jugement porté soit conforme à l’impression qu’ona reçue ; mais dès qu’on aura examiné l’appareil dans tous ses dé-

1 La stabilité précaire des colonnes peut être facilement observée dans celles qui sontcomposées d’un grand nombre d’assises, ainsi qu’on en peut juger par le fait suivant, dontnous avons été témoin. Après que les colonnes du portail de l’église de Sainte-Geneviève fu-rent couronnées de leurs chapiteaux, un manœuvre, en se balançant après les ancres de ferqui dépassaient le tailloir de la hauteur des sommiers de l’architrave, s’aperçut qu’il impri-mait un mouvement à la colonne. Gomme on niait la possibilité de ce mouvement, il continuale même exercice, et parvint à rendre cet effet sensible à tous les assistans. Instruitde cet événement, M. Soufîlot voulut s’en assurer par lui-même. On plaça à cet effetune règle de chaque côté de la colonne et le manœuvre parvint à les faire reculer de deuxpouces et demi de leur position primitive. Cette circonstance entra pour beaucoup dans lasurabondance des moyens employés pour assurer la stabilité de cette construction.

On trouve dans les mémoires de M. Patte, une autre observation du même genre,non moins propre que celle qui vient d’être citée, à diminuer l’idée qu’on a pu sefaire de la stabilité des ordonnances d’architecture. «J’ai observé, » dit-il (page 281de ses mémoires), « qu’en posant le sommier de l’architrave sur chaque colonne (aux pé-» ristyle de la place Louis XV ), quelqu’attention qu’on y apportât ; son fût faisait» toujours des vibrations, et sortait de son aplomb quelquefois jusqu’à 4 ou 5 pouces;» mouvement qu’on doit attribuer à l’action du levier qui agit en raison de sa longueur.» Il est même à croire que si la colonne était d’une seule pièce , elle produirait lors de cette» pose encore plus d’effet, attendu que les tambours des colonnes, quoique bien liés» ensemble, tant par les mandrins (ancres) qui les pénètrent, que par le mortier, ne lais-» sent pas de faire perdre d’assise en assise une partie de cette action. »