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tails,onsera forcé de convenir qu’on a été trompé par un ingénieuxartifice
Cette observation, qui semblait jusqu’ici avoir échappé à la plupartde ceux qui ont étudié les anciens monumens, sera plus facilementsentie aujourd’hui, que les travaux des pensionnaires de l’académie deFrance à Rome ont mis la question dans tout son jour. Les renseigne-mens authentiques que nous avons puisés dans cette précieuse col-lection , contribueront sans doute à fixer désormais l’opinion à cet égard.
On voit dans les Figures 4 et 5 les refouillemens faits dans le marbrepour loger les crampons et scellemens qui reliaient ensemble les piècesde l’architrave et de la corniche au-dessus du porche du temple d’An-tonin et de Faustine. Ces détails font partie du beau travail que M. Me-nage, architecte , a fait sur ce monument.
Les Figures 6 et 7 font connaître l’enchaînement des assises de l’ar-chitrave-, de la frise, de la corniche et des pierres qui couvrent lepéristyle du temple de Vesta à Tivoli, observé par M. Yancleemputt,et consigné dans les études de cet architecte 2 .
Dans les deux exemples précédens, l’état de ruine du monument amis à découvert les traces des moyens auxiliaires dont les anciensfaisaient usage; mais, au portique du Panthéon de Rome , il paraissaitdifficile qu’on parvînt jamais à rien découvrir sans déranger quelquechose, à cause du soin extrême qu’ils prenaient de les dérober à la vue;et, cependant, il devenait intéressant de pouvoir en contaster l’existence.C’est ce qu’a entrepris M. A. Leclere, architecte, avec un zèle et unesagacité qui ont été couronnés d’un plein succès. La Figure 8, con-
1 Voyez l’ Introduction, page viij.
-, L’enrayure que forme ici l’enchaînement des pierres est si parfaite, qu’on pourraitcroire que Palladio avait spécialement cet exemple présent à la pensée, quand il parle,dans son Traité d’architecture, de l’emploi que les anciens faisaient du métal, pourassurer la durée des édifices. o Le bronze , » dit il, « se trouve quelquefois employé à la» couverture des édifices publics : c’est aussi de ce métal qu’étaient faites ces petites pièces» que nous nommons doroni (mot que l’on peut rendre par celui de goujons) , qu’ils» plaçaient debout entre les assises, pour que, dans la suite, rien ne pût déranger les» pierres de l’ordre dans lequel ils les avaient posées ; ainsi que les crampons qui servaient» à les agrafer les unes avec les autres. Le grand nombre de morceaux que la nécessité» contraint d'employer à la construction d’un édifice, leur suggéra sans doute ces» moyens , afin que, toutes les parties étant inlimément liées ensemble, il pût être considéré» comme'formé d’une seule pièce, et devînt par là plus solide et plus durable. »
( Palladio , libro primo capitolo VI, de’ metalli. )
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