Du Calorique. 171
E. On peut augmenter l’action ou les effets d’un mêmefeu, d’un feu entretenu avec la même matière, de quatremanières différentes :
i°. En augmentant la quantité de matière qui lui sertd’aliment ;
2°. En concentrant celle action , ou en empêchantqu’elle 11e s’étende et ne se dissipe dans un trop grandespace ;
3 °. En dirigeant cette action vers un même endroit;
4 °. En souillant le feu avec de l’air pur.
Le premier moyen est si usité , qu’il 11’a pas besoin depreuves; onsailqu’en ajoutant duboisoudu charbon à unfeu déjà allumé, son action augmente : il faut cependantque la quantité de matière ajoutée trouve un feu propor-tionné à sou degré d’inflammabilité et à son v r olume; dubois vert, ou une grosse bûche, ajouté à un petit feu,n’y fera que noircir ; mais si ce bois est bien sec et diviséen petites parties ou copeaux, il s’y embrasera. U11 corpsne peut s’embraser qu’en se combinant avec l’oxigène, etcelte combinaison ne peut avoir lieu qu’au moyen d’uncertain degré de chaleur. Si le feu est petit, et que le corpssoit d’un gros volume, ou trop abreuvé d’eau , le feu estéteint avant que le corps ait en le temps de s’échaufferassez. Par la même raison , une bougie allumée, que l’onrenverse , s’éteint par la cire fondue qui coule., sur lamèche, et qui n’avoit pas encore acquis le degré de cha-leur nécessaire à son embrasement.
Le deuxième moyen est de concentrer l'action du feu,ou de l’empêcher de s’étendre ou de se dissiper dans untrop grand espace : c’est ce qu’on fait par le moy$n desfourneaux. Le feu , ainsi renfermé, devient comme le