Du Calorique. ir5
On trouve les caves chaudes en hiver et froides en été,quoique leur température soit à-peu-près la même danstoutes les saisons: cela vient de ce que , quand nous ydescendons en hiver, nous sortons d’un air froid ; et enété,nous sortons d’un air chaud. Il est même possible quela même personne trouve la même substance chaude etfroide dans le même instant. Exemple : qu’une personnetienne une de ses mains bien froide , et l’autre bienchaude, qu’elle plonge dans le même moment l'une etl’autre dans un seau d’eau de puits; avec la main qui serafroide, on trouvera cette eau chaude; avec la chaude,on la trouvera iroide.
Ceci nous conduit à l’explication de cet axiome :
T'ouï corps de dessus lequel un fluide s’évapore , serefroidit , et d'autant plus que V évaporation de ce fluideest plus prompte.
Expérience : — On emplit d’eau une boule mince dethermomètre, ainsi qu’une partie de son tube; on plongecelte boule dans l’eau ou dans l’alcool, ou dans l’éther; onla retire de l’eau, et on l’agite dans l’air : on parvientainsi à faire geler l’eau de la boule.
La raison de ce refroidissement est qu’une substancene peut passer à l’état de vapeur, sans se combiner avecune assez grande quantité de calorique. Une portion decalorique est, par là, enlevée au corps de dessus lequella substance s’évapore, et sa disette occasionne du refroi-dissement : % r oilà pourquoi, jusqu’à ce qu’on se soit bienessuyé, on sent du froid en sortant du bain , quand bienmême l’air dans lequel on passe seroit plus chaud que lebain.
Les chasseurs et les militaires savent profiter de ce