4 Cours
eut-il élevé les piliers destinés à porrer la Coupolede Saint-Pierre , & eut-il terminé les quatre arcs dela rencontre des bras de la croix, que ceux-ci parleur poussée menacèrent de les renverser ; ce qui sitcomprendre qu’ils étoient beaucoup trop foibles,pour remplir l’objet proposé. En conséquence ilfallut revenir sur ses pas , en s'appliquant à forti-fier les piliers , & il y avoir deja 40 ans que cetEdifice étoit commencé , fans qu’il y eût de planvéritablement arrêté. Chaque Architecte qui suc-cedoit ne s’attachoit, en quelque forte, qu a recti-fier ce qu’avoient fait ses prédécesseurs ; & ce fut ,comme l’on fait, le célébré Michel-Ange, qui,plus éclairé que ses contemporains, & en mettantà profit les réflexions & tentatives que l'on avoirfaites jufques-là, parvint enfin à proportionner lessupports à l’effort du Dôme, & à fixer du moins enapparence les rapports des diverses parties de faconstruction.
Nous avons insisté sur ce sujet pour montrer parun fait connu, comment, sans le secours des scien-ces, l’Art de la Construction, à force de tentatives,a fait peu-à-peu des progrès dans les siécles les plusreculés; & comment des routines parvinrent à tenirpendant long-tems lieu de réglés. Aussi, quand dansles rems modernes on entreprit d’éclairer cettematière, comme ces routines avoient pour basesdesmonumens multipliés, dont la solidité ne pou-voit être révoquée en doute , puisqu’ils avoientsouvent pour preuve une durée de plusieurs siécles;onnes’avisa pas de changer les principes autoriséspar l’usage, mais on se borna à les redresser, à lesperfectionner & à déterminer sur tout avec plus deprécision la force des murs ou des piédroits, pourrésistter suivant les diverses circonstances ; on ne fit