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par la raison , disent-ils , que les piles rétrécissantle lit d’uneriviere, moins on leur donne de volume,plus les eaux font libres dans leur cours, & que,pourvu que les culées loient proportionnées defaçon à résister à la poussée des arches, il doit êtrepermis de réduire les piles selon la qualité de lapierre, l’essentiel étant feulement de s’assurer qu’ellene pourra être écrasée sous le fardeau des arches:Les Ponts de Mantes & de Neuilly , ont été bâtisselon ce dernier procédé. C’est au tems , Tuniqueappréciateur de la durée des constructions, à déci-der laquelle des deux méthodes mérite la préfé-rence. Le plus sûr toutes fois, suivant nous , feratoujours d’éviterde faire des arches très-surbaissées,ne fusse que pour rassurer la vue,&parce que toutesles constructions anciennes paroissent constater,que plus les Voûtes font plates,moins elles ont eu dedurée; c’étoit vraisemblablement pour cette raisonque les Goths avoient adopté les Voûtes en tiers-point.
Au reste, on n’est pas toujours maître de donneraux piles toute la legérété que Ton désire,à moins de pouvoir construire les archestoutes à la fois, asin de rejetter toutl’effort de leurspoussées vers les culées ; ce qui ne l'auroit êtrepraticable que quand on bâtit un Pont dans uneIsle, ou fur Tun des bras d’une riviere, dans lequelon doit faire couler ensuite toute l’eau, en comblantl’autre bras, comme on Ta pratiqué pour le Pont deNeuilly. II y a d’ailleurs des circonstances où, decrainte de gêner la navigation pendant un temsconsidérable, on se trouve obligé de faire un Pontpar partie , alors il faut doner nécessairement auxpiles en particulier une épaisseur en rapport avec