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«poursuivit, ne putles atteindre. 11s traversèrent la» mer Rouge avec la même vitesse , non pas à pied sec,» comme autrefois les Israélites , mais en volant fur la» surface dîs eaux avec leurs chariots. La reine de» Saba , apprenant que son fils revenoit avec l’arche» du Dieu de Sion, alla le recevoir en grande pompe,« & fit placer l’arche dans le temple du pays de Ma-» kéda. »
II est naturel de penser que le fils de la reine deSaba, devenu roi d’Ethiopie, aura trouvé trop durd’être obligé d’aller à Jérusalem adorer le vrai Dieu ,comme la loi l’ordonnoit ; qu il aura voulu établir dansson royaume un temple où le service divin se fit avecles mêmes cérémonies & la même solennité qu’à Jé-rusalem; que, pour lui complaire, quelques-uns desLévites qui dévoient '.'accompagner , auront fait fairesecrettement une arche sur le modele de celle de Jéru-salem , & l’auront emportée en Abyssinie ; enfin , quepour rendre cette arche respectable aux yeux despeuples, le prince aura fait répandre le bruit que c’é-toit l’arche même du temple de Jérusalem, qui avoitété enlevée dune maniéré presque miracu'euse ; men-songe qu’il étoit aisé d’accréditer, à cause de la grandedistance qu’i ! y avoit entre le royaume d’Israël St l’em-pire d’Abyssinie.
Les Abyssins ont donné à cette arche célébré lemême nom qu’à celle de Noé, & l'on t appellée Tabot,qui signifie arche d’aU'umce. Ils la nommèrent aussi parexcellence Sion. C’est pourquoi, lotsqu’ils se conver-tirent à la Religion Chrétienne, le temple où l’on con-serve cette arche, ayant été consacré à la sainte Vierge,a été nommé jointe Marie de Sion.
Pour entretenir la vénération du peuple, on avoitsoin de la tenir exactement cachée : à peine l’offroit-onaux regards des rois ; mais, depuis que les monarquesd’Abyssinie vivent fous des tentes, on porte l’archeà la fuite de la cour. Quatre prélats, revêtus de leurshabits pontificaux, raccompagnent. Devant &i der-rière, marchent un grand nombre de prêtres qui chan-tent des hymnes, & l’un d’eux, allant à reculons, i’en-