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parce qu’ils auront été forcés , même contre leur gré Jde les commettre ; & l’efpérance des Chrétiens feraruinée, d’autant que la justice ne recevra aucuns hon-neurs , & que le vice ne fera point châtié , à cause queles hommes ne feront rien avec lib.erté. En effet, onne peut rien mériter lorlqu’on agit par contrainte &nécessité. « Ce n’est pas que les astrologues & les di-seurs de bonne aventure. les faiseurs d’horofcopes &les aùtres devins ne répondent quelquefois juste , &ne disent quelquefois la vérité; mais cela arrive , ditadmirablement S. Augustin, par un secret jugementde Dieu , qui permet que ceux qui les consultentsoient ainsi trompés par les anges prévaricateurs, &s’engagent de plus en plus dans une erreur très-per-nicieuie , après s’être attiré ce malheur par leur tropgrande curiosité & par le dérèglement de leur vie*. »
2 . Si les Chinois cultivent avec tant de soins l’as-tronomie , c’est moins par une véritable connoistancede futilité réelle de cette science, que par un entête-ment frivole & superstitieux pour f astrologie. 11s n’exa-minent les astres avec tant d’attention , ils n’ont élevéavec tant de travaux & de dépenses le fameux observa-toire de Pékin , que pour découvrir dans le ciel ce qu’onn’y trouva jamais. Ils croient que la Divinité , pour meservir des expressions de La Fontaine, a
Imprimé fur le front des étoilesCe que la nuit des temps enferme dans ses voiles.
Le tribunal d’Astronomie , érigé à la Chine , n’estdans le vrai qu’une société á’astrologues. Tons les qua-rante-cinq jours , il faut qu’ils montrent à l’empereurur.e figure où soient annoncées les variations des fai-sons , &c les divers changemen;s qu’elles doivent opé-rer dans l’air. On exige qu’ils marquent exactementquel jour il pleuvra ; quand il doit y avoir du vent,de la neige ou du tonnerre. 11 faut qu’ils prédisent quellesorte de maladie aura cours parmi le peuple , s’il y
* Trahi des Superstitions, du P. Le Brun.