•w^.[ A U G i6z
supportable,qui lui faisoit condamner la condescendanceque l’Eglise étoit obligée d’avoir pour la faiblesse hu-maine. Les Audiens célébroient la Pâque avec les Juifs,& prétendoient que le concile de Nicée avoir changéle temps de cette fête , & l’avoit fait tomber au jourde la naissance de Constantin , par une basse flatterieenvers ce prince. La maniéré dont ils administroientlasacrement de pénitence, est remarquable. Ils plaçoientfur deux lignes les livres canoniques de l’Ecriture ,& les livres apocryphes, pour lesquels ils n’avoientpas moins d’estime ; puis ils faifoient passer les péni-tents entre ces deux rangs de livres, & confesser leurspéchés à mesure qu’ils avançoient : ils les renvoyoientensuite absous. Après la mort d’Audée, ses disciples ,réduits à un très-petit nombre, se retirerent à Chal-cide. Ils demeuroient dans des monastères & dans descabanes à la campagne, & aux environs des villes ,conservant toujours la roideur inflexible qu’ils avoienthéritée de leur chef. Ils n’avoient aucun commerce avecles Catholiques , qu’ils regardoient comme des gensvicieux ou communiquants avec les vicieux : ils fe fe-roient fait un scrupule de leur parler. Ils ne voulu-rent pas même avoir le nom de Chrétiens communavec eux ; &, pour fe distinguer, ils fe firent nom-mer Audêens ou Audiens. Quoique leur chef ne leureût enseigné aucune erreur fur la foi, ils ne laissèrentpas d’adopter après fa mort des sentiments erronés& extravagants. 11s prirent à la lettre les métaphoresque l’Ecriture emploie lorfqu’elle parle de Dieu ; & ilsattribuèrent à cet Etre suprême des yeux, des pieds ÔCdes mains. Ils prétendirent austi que Dieu n’avoit pointcréé les ténèbres, ni le feu , ni l’eau : enfin, ils perdi-rent même cette austérité de moeurs, & cette régularitéqui faifoit l’ame de leur feéle, & fe livrerent aux dé-sordres les plus honteux ; décadence naturelle aux hom-mes, auxquelsii est plus aisé de passer d une extrémitéà l’autre, que de fe tenir dans un juste milieu.
AUGHTERRAH-BHADE-SHASTAH , c’est-à-dire les dix-huit Livres des Paroles divines.C’est le nom d’un fameux commentaire que les Brami-
Lij