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Tome premier.
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des criminels qui font morts, ou à qui l’on a fait leprocès avant ou après leur décès, pendant ou avantieur détention, afin de donner lieu à la confis.ation deleurs biens. ( ^ Inquisition ne borne pas fa jurifdictionaux personnes vivantes ou à celles qui sont mortes dansles prisons , elle fait même souvent le procès à des gensqui sont décèdes plusieurs années avant que d’avoirétéaccusés,lorfqu’après ieur mort ils sont chargés de quel-que crime considérable ; dans ce cas, on les exhume,tk , s’ils sont convaincus , on brûle leurs ossements dansl’acte de foi, & l’on confisque tous leurs biens, dont ondépouille soigneusement ceux qui ont recueilli leur suc-cession. ) Après avoir parcouru les principales rues deía ville où íe fait Yauto da fé , la procession arrive enfinà l’églife destinée & préparée pour la célébration de lacérémonie. Elle est tendue en noir, a> ssi-b en que l’au-tel, qui est ordinairement couvert de six chandeliersd’argent. Celui qui porte la croix va la déposer fur l’au-tel au milieu des six chandeliers, Vers les deux côtés del’autel sont placés deux trônes, l’un à droite pourl’in-quisiteur & íes conseillers, & l’autre pour le roi & facour : plus loin , en allant vers les portes de l’églife ,sont placés plusieurs rangs de bancs fur lesquels vien-nent s’asteoirles prisonniers S£ leurs parrains, à mesurequ’ils entrent dans l'église, ensorte que les premiersvenus sont plus près de l’autel Lotfquetout le monde estplacé, & que l’églife est remplie d’autantde personnesqu’elle en peut contenir , un prédicateur monte enchaire , & prononce , à la honte de la religion &de l’humanité , le panégyrique de l’Inquisition. Lesermon étant fini, deux lecteurs montent tour-à-tourdans la chaire , pour y lire publiquement le procèsde tous les coupables. Celui dont on lit le procès est ,pendant ce temps , conduit par l’Alcaïde,ou garde desprisonniers, au milieu de la galerie que laissent entr’ellesles deux colomnes de bancs dont nous avons parlé.Il y reste debout, un cierge allumé en la main, jufqu’àce que fa sentence soit prononcée. En Espagne, il estconduit dans une cage élevée presque vers le pied del’autel, afin que, pendant qu’on lit sa sentence, >1 puiffsC. R. Tome J, M