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Tome premier.
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être reconnu de tout le monde. Quand le lecteur a lale procès d’un certain nombre , il cesse cette lecture,pour prononcer à haute voix une confession de foi,après toutefois qu’il a brièvement exhorté les coupa-bles à la réciter de cœur & de bouche en même tempsque lui; ce qui étant fait, il recommence à lire jufqu’àla fin, en observant toujours la même cérémonie. Alorsle grand inquisiteur, revêtu de sis habits pontificaux ,delcend de la place, donne l’abfolution à ceux qui nedoivent point être exécutés , ou à qui l’Inquisition a ac-cordé la vie. Pour les autres, après la lecture de leur pro-cès ,ils font incontinent livrés aux juges séculiers, qui ,fans autre examen, persuadés de l’intaillibilitéde l’Inqui-sition , íe bornent à leur demander dans quelle religionils veulent mourir ? Ausst-tôt qu’ils ont répondu à cetteunique interrogation , l’exécuteur fe saisit d’eux, les atta-che à des poteaux sur le bûcher, oû ils sont premièrementétranglés, s’ils meurent Chrétiens ; & brûlés vifs, s’ilsmeurent dans leur hérésie. Le lendemain , on attache de-vant le portail des églises les portraits de ceux qu’ona fait mourir : on met au bas leurs noms, ceux de leurpere & de leur pays, la qualité d u crime pour lequelils ont été condamnes, avec Tannée, le mois & lejour de Texécuticn. Ceux des prisonniers qui en fontquittes pour le fouet ou pour les galères, &, en gé-néral , tous ceux qui sortent la vie fauve des mains deHnquisition, font obligés au secret le plus inviolablefur tout ce qui s est passe à leur égard pendant leur cap-tivité : la plus légere indiscrétion sur ce sujet seroit uncrime impardonnable. Cependant ce que nous rappor-tons ici'des rigueurs de l’Inquisition, nous le tenonsde M. Dillon , médecin François, qui a décrit lui—même la triste aventure de fa captivité, qui finit parcinq années de galères.

L’íngénieux auteur des Recherches philosophiquesfur les Américains , en parlant des sacrifices humainsdu Nouveau Monde, dit « qu’il est étonnant que les,» Portugais & les Espagnols se récrièrent plus que pér-it sonne contre Tabominable cruauté d’un peuple soi-» ble & imbécilie. 11s auroientdû réfléchir, ajoute-t il,